L’Ambulance et les cheyennes dans les tranchées

    l'ambulance 13_5_couvL’Ambulance 13, tome 5 (cycle 3, volume 1/2) : les plumes de fer, Ordas (scénario), Mounier (dessin). Editions Bamboo, collection Grand Angle, 56 pages, 13,90 euros.

    Nouveau cycle pour l’Ambulance 13 et son chirurgien à l’esprit libre, Louis-Charles Bouteloup. Celui-ci ne reste pas longtemps à l’arrière, juste le temps d’être scandalisé par les pratiques des médecins de l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris. En ce début d’année 1918, le médecin est envoyé – sur la pression de son baron et colonel de père – en Alsace, pour former les Américains. Mais sur place, il découvre… une tribu d’indiens. Cheyennes  descendants des rescapés des derniers massacres de l’ouest, ils sont traités avec mépris et racisme par les gradés US et promis à jouer la chair à canon, au même titre que les corps-francs avec qui il va se lier d’amitié. Envoyés à l’assaut avec leurs seuls arcs et tomahawks, ils ne seront pas abandonnés par Bouteloup, qui y risquera aussi sa vie. Pendant ce temps, à l’arrière, Émilie, la dessinatrice montmartroise amoureuse du chirurgien et la soeur de ce dernier vont se retrouver, et devoir affronter ensemble l’adversité…

    L’intérêt principal de ce cinquième tome tient, bien sûr, à cette mise en scène surprenante d’indiens en pleine Première Guerre mondiale (même si cette évocation n’est pas totalement inédite, utilisée notamment dans Le souffle du Wendigo, de Missoffe et Adlard), tout comme dans celle – plus connue – des “corps francs”, baroudeurs dédiés aux missions spéciales évoqués dans Capitaine Conan, de Bertrand Tavernier. Et, plus encore, c’est le cynisme de l’Etat-major américain qui est pointé, prêt à faire massacrer ses soldats améridiens pour règler des problèmes fonciers, ainsi que celui de Clémenceau (qui “laisse faire” pour pouvoir avoir un moyen de pression sur ses encombrants alliés).
    Avec tout ça, l’ambulance proprement dite ne fait qu’une apparition en toute fin du récit, même si les pratiques médicales sont encore bien développés (et que les véhicules sanitaires font l’objet d’un copieux dossier, à la fin de l’album, consacré au “développement technique du service de santé des armées à travers ses ateliers généraux”).

    Réaliste et documenté, s’achevant provisoirement sur un rebondissement tragique pour le héros, ce nouveau cycle va devoir maintenant renouer les fils d’une intrigue un peu éparpillée.

    Ambulance 13_5_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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