Le beau livre noir du Titanic

    La malédiction du Titanic, Cédric Rassat, Emre Orhun. Editions Glénat, 25,50 euros.

    Encore un album ressurgi du (léger) passé. Paru en mars, afin de coller à la veine mémorielle du centenaire du plus célèbre naufrage de l’Histoire, cette Malédiction du Titanic surnage en tout cas largement dans le lot commémoratif.

    Loin du récit historique, l’album se concentre sur les événements de cette nuit “tragique” d’avril 1912 ou le fameux navire de la Star Line sombra dans les eaux sombres de l’Atlantique nord, et suit particulièrement quelques personnages, parmi lesquels le millionnaire J.J.Astor, dont le mystérieux coffre qui l’accompagne pourrait être pour quelque chose dans le naufrage…

    La veine ésotérique et la malédiction égyptienne planant sur le navire, qui sont au coeur de l’intrigue, ne sont pas nouvelles. Voilà trois ans, Soleil avait déjà fait paraître Titanic, une histoire signée Richard D.Nolane et Patrick Dumas brodant sur les mêmes thèmes, dans sa série Corpus Hermeticum. Elle est reprise ici dans un style légèrement différents par Cédric Rassat, dans une approche qui rappelle les vieux films fantastiques Universal des années 30.

    Mais ce qui fait toute la singularité et la force envoûtante de cette Malédiction, c’est bien l’utilisation, par Emre Ohrun – jeune auteur turc désormais lyonnais –  de la technique de la carte à gratter, qui inverse le processus du dessin (ici, à l’aide d’une pointe très fine, l’auteur gratte des planches recouvertes d’encre noire, afin d’en faire ressortir des traits blancs qui révèleront les formes et les personnages). Un procédé déjà utilisé par les deux auteurs pour leur précédent album, consacré à la comtesse Bathory. Le résultat – magistral et très expressionniste ici – est d’offrir une histoire plongée dans une ambiance sombre et des pages d’un noir somptueux. Un style graphique dont le résultat s’approche de la gravure et qui restitue au mieux les personnages caricaturaux de l’auteur. Le grand format de cet album en magnifie encore la restitution.

    Un “beau livre” qui, s’il surprend et pourrait rebuter au prime abord, s’avère un vrai plaisir de lecture.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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