Le brillant jeu de massacre continue dans les 5 terres

     Les 5 terres, tome 2: Quelqu’un de vivantLewelyn – alias Andoryss, Chauvel, Wong (scénario), Didier Poli (direction artistique), Jérôme Lereculey (dessin), Lucyd et Diane Fayolle (encrage), Martinos (couleurs). Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

    Trois mois à peine après le choc de la découverte de ce nouvel univers bluffant et enthousiasmant, voilà déjà le deuxième tome des 5 terres, confirmant la volonté feuilletonesque de cette saga.

    Le récit est toujours centré, pour ce premier cycle, sur Angleon, “la terre des félins”. Le royaume est sous le choc (attention “spoiler” pour ceux qui n’auraient pas lu l’épisode précédent), après le décès simultané du vieux roi Cyrus et de sa fille Mileria, seule à même peut être d’éviter une nouvelle guerre. Comme il était à craindre, c’est le neveu du roi qui est arrivé au pouvoir, l’ambitieux et belliqueux Hirus. Avec lui, ses deux frères font leur entrée au palais, Moron, empli de frustration et le jeune et intelligent Mederion. Mais Hirus voit aussi revenir, sans plaisir, sa mère, que Cyrus avait fait enfermé à la suite de la bataille de Dhakenor – référence mythique de la victoire des félins contre les ours dont on va découvrir aussi les coulisses nettement moins reluisantes. Une famille encombrante qui annonce, une fois encore, un avenir chaotique et violent.
    Pendant ce temps, marginalisée et inquiète des conséquences de sa grossesse et de son amour pour un garde du palais, Astrelia, soeur de Miléria, cherche elle à s’enfuir. Et This, le jeune aspirant garde royal va être confronté, lui aussi, à de dures épreuves.

    Ce deuxième album confirme la réussite et la bonne surprise du premier tome, séduisante variation zoomorphique dans l’ambiance de Game of Thrones (une proximité encore déclinée cette fois avec l’apparition de “l’ombre” du roi – son proche conseiller, similaire à la “main du roi” dans l’oeuvre de George R.R. Martin – au physique et au style faisant incontestablement songer à l’onctueux Petyr “littefinger” Baelish).

    Autre emprunt à la série, le rythme impressionnant et frénétique des parutions (le tome 3 est annoncé pour avril 2020 et le tome 4 pour septembre !). Des sorties rapprochées qui répondent, certes, à l’impatience des lecteurs actuels, supportant de moins en moins d’attendre un ou deux ans la suite de leurs aventures ou tout simplement plus distraits car sollicités de mille manières. Mais, pour 5 terres, ce rythme permet de ne pas perdre le fil des différents fils narratifs de l’intrigue et des rapports complexes développés entre les personnages. Des personnages qui, ici aussi, sont volontiers sacrifiés à la progression de l’histoire. Et à des rebondissements réellement surprenants – comme pour la fin de ce deuxième épisode – et superbement mis en scène. Un travail d’équipe et de “studio” qui ne sacrifie en rien à la singularité de cette série vraiment captivante et qui a, jusqu’ici, le potentiel pour devenir rapidement un classique du genre.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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