Le come-back de Michel Vaillant

    Michel Vaillant. Nouvelle saison, tome 1 : Au nom du fils. Philippe Graton, Denis Lapière, Marc Bourgne, Benjamin Benéteau. Editions Dupuis. 56 pages, 15,50 €.

    Le plus grand champion de sport automobile de tous les temps, Michel Vaillant, dont la longévité (il a fait ses débuts en course dans le Journal de Tintin en 1957) n’a d’égal que le palmarès, a retrouvé les circuits. Voilà cinq ans qu’il rongeait son frein. Le temps pour la série de faire sa mue. Après 70 albums (plus quelques hors série et, en parallèle, les Dossiers Michel Vaillant), Michel Vaillant change en effet de cap.

    Il démarre une nouvelle carrière sous la conduite de Philippe Graton, le fils de Jean, génial créateur et auteur du personnage, qui avait certes déjà repris en main le personnage depuis plusieurs années. Sauf que ce n’est plus, désormais, un seul homme qui conduit la destinée du pilote. Pas moins de six personnes animent la suite de la carrière de celui qui a rencontré les plus mythique adversaires (de Stewart à Schumacher, en passant par Villeneuve, Prost ou Senna, entre autres, car intégrer aux scénarios des « vrais » noms est une particularité et l’une des clés du succès de cette véritable saga). Outre Graton père, qui garde un œil approbateur sur son bébé, et fils, l’expérimenté Denis Lapière, en véritable passionné de sport auto, est au scénario, Bourgne et Benéteau s’occupent des dessins, et Lerolle des couleurs.

    Un véritable team, qui a eu l’habileté pour ce premier tome (sous l’intitulé très tendance « Nouvelle saison », la série entame une nouvelle numérotation pour mieux marquer sa différence) de ne pas renier son passé. On retrouve ainsi tout le clan Vaillant. Comme un clin d’œil, d’ailleurs, l’histoire démarre à La Jonquière, le domaine familial où règne en maître Henri Vaillant, le père, celui par qui tout a commencé dans les années 50.

    C’est l’occasion de voir ainsi défiler en quelques cases Jean-Pierre (le frère), Françoise (l’épouse, nettement moins docile qu’auparavant), Jean-Michel (le neveu). Entre autres. Il ne manque finalement que Patrick Vaillant pour que La Jonquière affiche complet. Patrick, c’est le fils de Michel. Et c’est lui le centre de l’intrigue, on l’a compris avec ce titre Au nom du fils qui tarde juste un peu à se justifier. Mais il fallait bien planter le « nouveau décor », oublier le dessin de Jean Graton pour se familiariser sans trop de peine avec celui de ses successeurs, et comprendre désormais que la psychologie des personnages pourrait bien prendre le dessus sur le sport. En douceur. Et néanmoins prometteur. En attendant la suite. Car tout ne fait que recommencer.

     

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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