Le dernier envol du Pélican

    Le protocole Pélican, tome 4, Richard Marazano (scénario), Jean-Michel Ponzio (dessin), éditions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

    Intrigant et oppressant à ses débuts, ce Protocole Pélican s’achève, quatre tomes plus tard… tout aussi intrigant et oppressant. Au point même de parvenir difficilement à trancher entre la brillante réussite et la déception fumeuse. La perplexité était, de fait, la règle depuis le début de ce huis-clos carcéral réunissant une douzaine d’individus, pris (apparemment) au hasard, réunis dans une prison étrange (qui s’avérera être une plateforme en haute mer). Cobayes d’étranges expériences menés par des “compagnons” et des “confidents” peut-être tout autant manipulés par des responsables, masqués, aux buts plus politiques que scientifiques. Le tome précédent avait permis d’en savoir un peu plus sur le but recherché par cette drôle d’expérience, protocole d’étude d’un virus bien particulier… d’origine idéologique. Le dernier album de cette tétralogie conclue à l’échec de l’opération. Et s’achève par un nettoyage par le vide, sanglant et prévisible. Mais, tout espoir n’est peut-être pas perdu car on ne peut pas éradiquer une idée aussi facilement qu’un virus…

    Graphiquement, l’ambivalence évoquée plus haut demeure. Le style très photo-réaliste de Jean-Michel Ponzio offre, en effet, des planches magnifiques, mais aussi quelques dessins – notamment des portraits – d’une assez grande laideur.

    Enfin, si l’action se doublait toujours d’une bonne dose de psychologie dans les épisodes précédents, ce dernier album bascule, lui, carrément dans la métaphysique, avec sa réflexion sur la notion – relative – de liberté et de libre-arbitre.

    Si le résultat final, à chaud, est contrasté, cette série a le mérite de demeurer très homogène et tout à fait conforme à son “protocole” de départ. Et si l’on peut déplorer, derrière les développements scientifiques complexes, des conclusions finalement assez convenues, l’atmosphère paranoïaque à souhait ne manque pas, elle, de crédibilité, ni d’actualité, à l’heure des prisons secrètes à la Abou Grahib et des systèmes de surveillance généralisée de la NSA !

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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