Le happening spatial de Kris et Martin Trystram

    Infinity 8, tome 4: Guérilla symbolique, Lewis Trondheim et Kris (scénario), Martin Trystram (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

    L’Infinity 8 arrive à mi-parcours du space opera cyclique conçu par Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Le vaisseau spatial, lui, est toujours bloqué devant l’immense nécropole intergalactique “grande comme le système solaire” (avant que celui-ci ne soit détruit). Cette fois, c’est l’agent Patty Stardust, à la splendide coiffure afro, qui est convoquée par le capitaine de l’Infinity afin d’explorer l’amas galactique pendant une boucle temporelle de 8 heures. Et ce au risque de griller son travail d’infiltration auprès de la Guérilla symbolique. D’autant plus gênant que le gourou de ce groupe artistico-révolutionnaire, embarqué sur le vaisseau et suivi par tous les médias, est sur le point de créer un happening gigantesque impliquant le mausolée géant du “club des 27” (Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain, etc.). Mais Patty devra aussi se débarrasser du collant Mister Moosh, journaliste auto-proclamé aux 87 millions de followers…

    Les règles de cette série-concept sont désormais bien intégrées : un vaisseau spatial gigantesque bloqué par un amas de tombes et de mausolées tout aussi énorme, un capitaine doté de facultés lui permettant de créer des boucles de futur de 8 heures puis de revenir au point de départ, une enquêtrice sexy chargée de trouver l’explication à la nécropole galactique et confrontée à des créatures les plus loufoques. Et un couple d’auteurs nouveaux invités à plancher sur chaque album.
    Habitué à un registre nettement plus réaliste et social, Kris (Notre Mère La Guerre, Nuit noire sur Brest ou 7 athlètes, pour ne citer que les plus récents albums) réoriente son épisode vers des problématiques politiques (de la domination outrancière des réseaux sociaux, aux faux prophètes et gourous sectaires) et historiques (avec ici l’évocation du “théâtre-guérilla” d’Emmett Grogan et sa révolution culturelle à base de performances d’impro). Et il fait renaître une ambiance hippie et rock avec son héroïne inspirée par Angela Davis (la superbe couv’ de l’album est, à ce titre, emblématique).
    Mais tout cela s’inscrit bien dans le cahier des charges, avec de l’action, des aventures déjantées et de la SF kitsch et joyeuse.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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