Le rire par delà le lesbien et le mâle

    La lesbienne invisible, Océanerosemarie (scénario, avec Murielle Magellan), Sandrine Revel (dessin), éditions Delcourt, 112 pages, 15,95 euros.

    En ce jour de sortie nationale de la Vie d’Adèle, palme d’or du dernier Festival de Cannes (et palme de la polémique sur le traitement des techniciens et des actrices), il faut s’attendre à de nouveaux coups de projecteur sur les amours entre filles et, accessoirement sur le roman graphique de Julie Maroh, le Bleu est une couleur chaude, qui en fut la source.

    Dans le lot (après le one-woman show et en attendant le film annoncé pour l’an prochain), La lesbienne invisible mériterait, elle aussi, de devenir plus visible. Son auteur Océanerosemarie (alias Océane Michel, chroniqueuse radio, artiste de scène, qui fut chanteuse, sous le nom d’Oshen).

    Adapté du spectacle éponyme et ébouriffant (selon ceux qui l’ont vu), cet album décrit donc le parcours autobiographique d’Océanerosemarie, en lesbienne moderne et tout à fait charmante. Et même trop, au regard des clichés habituels. De ses premiers émois pour ses poupées et sa copine collégienne au club de foot féminin et aux boîtes ultra-branchées jusqu’à la “révélation” de la série L Word, elle décrit avec beaucoup d’autodérision son portrait et celui de ceux et celles qui ont croisé sa route.
    Epinglant donc les clichés, elle dépasse les idées reçues (ou pas d’ailleurs) avec, surtout, beaucoup d’humour. Et un rapport texte-image particulièrement jubilatoire.
    Pour cette dernière partie, le dessin coloré, rond et doux de l’expérimentée Sandrine Revel, en couleurs directes et tons pastel, apporte une touche de légèreté et de délicatesse.

    Un album très gai au rire libérateur.

     

    A contre courant des clichés habituels, elle aime les femmes mais aussi le rouge à lèvres et les robes fleurs. Du club de foot féminin aux boîtes ultra-branchées parisiennes, de L World à l’inévitable coming-out parental, Océanerosemarie dresse les portraits de celles et ceux qui croisent sa route, homos et hétéros confondus, et raconte sa “lesbiennitude” de façon joyeuse, décomplexée, avec une autodérision et une tendresse qui touchent droit au coeur.

     

    La lesbienne Invisible parle de relations amoureuses, mais aussi de sujets de société, de choix personnels ; de situations ubuesques ; et au terme de ce spectacle drôle, émouvant et plein d’énergie, vous aurez enfin toutes les réponses aux questions profondes ou frivoles que les hétérosexuel(le)s se posent sur les lesbiennes

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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