Un bon tour de joué à la Belgique

    Le tour de Belgique de Monsieur Iou, Monsieur Iou. Co-édition Rue de l’échiquier et Grand Braquet, 128 pages, 16,90 euros.

    Maison d’édition spécialisée en essais et ouvrages de vulgarisation sur l’écologie et le développement durable, Rue de l’Echiquier se lance en ce printemps 2018 dans la bande dessinée (sous la direction éditoriale de Nicolas Finet, auteur et éditeur ayant notamment travaillé pour Casterman). L’objectif – raisonnable – est de “publier six titres par an et d’accueillir des bandes dessinées du monde entier, qui refléteront et prolongeront les thématiques majeures de notre catalogue“.
    Parmi les premiers albums sortis, c’est parti pour un réjouissant Tour de Belgique de Monsieur Iou. (co-édité avec Grand Braquet, maison d’édition plurimédia développée par Jean-Philippe Thivet, ex-directeur marketing chez Flammarion et Gallimard).

    Monsieur Iou est un trentenaire fan de vélo, vivant à Bruxelles et d’origine vietnamienne. Se rendant compte qu’il connaît finalement mal le pays dans lequel il vit depuis sa naissance, il décide de faire donc “le tour de la Belgique”. Ou, plus exactement de faire de multiples randonnées dans différents coins. Durant plus d’un an, en solitaire ou accompagné d’amis, il va ainsi effectuer divers parcours de Bruxelles à Malines, de Bruges à la jungle ardennaise, de Binche (et ses Gilles) à Maastricht ou Doel, ce village fantôme à côté d’Anvers. Et il va même se faire une randonnée vélocipédique de Bruxelles à Paris, en passant par la Picardie (région dans laquelle il sort manifestement impressionné par le Familistère de Guise) !

    La belgique a beau être un tout petit pays, t’auras jamais vraiment fini de le découvrir”. Cet aphorisme mis dans la bouche d’Eddy Merckx (qui accompagne ponctuellement, tel un ami imaginaire, le narrateur dans ses périples) résume bien le propos de cet ouvrage.

    Par les chemins de traverse, en flânant, Monsieur Iou fait effectivement découvrir une Belgique qui ne se résume pas à l’Atomium et au Manneken Pis (Bruxelles est d’ailleurs quasi absente de ces randonnées bucolico-humoristiques).

    Plein d’autodérision et d’humour (sur son pays et lui-même), un peu foutraque dans la narration, qui entremêle le récit de ses petits voyages et des réflexions plus générales ou des conseils pratiques sur la pratique du vélo,  Monsieur Iou se montre en empathie avec son pays. Et il en restitue admirablement bien l’atmosphère, à travers un dessin minimaliste, mais très expressif. L’option d’une trichromie noir-jaune-rouge est bien sûr un joli clin d’oeil graphique aux couleurs nationales. Mais cette palette de couleurs permet de réaliser de belles planches chaleureuses au charme poétique.

    Un bon tour qui a l’art de lier le plaisir du vélo à la découverte d’un pays loin d’être si “plat” que ça. Et une jolie découverte.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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