Le polar et la manière suédoise

    polar_suédois_couvComment écrire un polar suédois sans se fatiguer, Henrik Large. Editions Ça et Là, 160 pages, 10 euros.

    En dehors d’Ikéa, c’est l’autre spécialité suédoise qui a le vent en poupe: le polar scandinave avec son héros ténébreux et souvent dépressif, policier travaillant dans la lenteur afin de démêler le mystère – souvent scabreux – de morts violentes cachant de lourds secrets.

    Du “début” à la “révélation” finale – suivie de son inévitable rebondissement, Large apporte son aide à tout néophyte qui voudrait s’inscrire dans ce filon littéraire à succès. Petites astuces commerciales dans le placement de produits ou la localisation touristique, étapes obligées de la narration (la scène de conduite à grande vitesse, la scène du hobby, la scène des relations familiales foireuse, etc.), cliffhanger et installation du climat, tout est méthodiquement passé en revue, à travers un exemple, celui de la découverte du cadavre d’une petite fille dans la ville de Bollebygd…

    Créateur du livre “à l’usage des personnes pressées”, condensant en 4 cases les chefs d’oeuvres de l’histoire de la littérature et du cinéma, le Suédois Henrik Large ne pouvait manquer de se confronter à la spécialité maison : le polar à la suédoise. C’est chose faite avec ce nouvel opus, qui fait bouger un peu le curseur par rapport aux précédents ouvrages, en s’orientant vers le vrai-faux manuel d’écriture de roman noir et, dans la forme relève plus du livre illustré que strictement de la bande dessinée (même si quelques strips subsistent).

    S’il sacrifie encore à son concept des résumés réduits à l’extrême – et toujours aussi pertinents – de grandes oeuvres du genre (de l’incontournable Millénium à La princesse des glaces de Camilla Läckberg ou aux Meurtriers sans visage du récemment décédé Henning Mankel), c’est en tant que ponctuations au sein de l’histoire principale et unique. Et du strip en quatre cases, il passe la plupart du temps à des dessins d’illustrations – dans le même style simpliste, en noir et blanc – assortis de petits textes pleins d’humour, déroulant, chapitre après chapitre, les étapes de construction de tout bon polar à la suédoise. Moins graphique donc, mais toujours aussi drôle et ironique.

    Et, avantage, c’est le livre qui ravira autant les fans de Wallander ou de Lisbeth Salander que ceux qui n’aiment pas le genre. De quoi élargir encore son lectorat !

    polar_suédois_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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