Les Dalton s’occupent de tout

    Les aventures de Lucky Luke : Cavalier seul, Daniel Pennac et Tonino Benacquista, Achdé. Editions Lucky Comics. 48 pages, 10,60 euros.

    Un Lucky Luke tous les deux ans. C’est le rythme des parutions depuis que les péripéties du « poor lonesome cow boy » portent l’intitulé « Les aventures de Lucky Luke d’après Morris ». Cavalier seul est le cinquième du genre après les 70 premiers albums sortis tour à tour chez Dupuis puis Dargaud et Lucky productions devenu Lucky comics. C’est dire combien le personnage génialement créé en 1946 par le Belge Maurice de Bévère, dit Morris, est passé depuis longtemps à la postérité, alors que son « papa » nous a quittés en 2001 à 78 ans.

    C’est d’ailleurs à l’occasion du premier album sorti après la mort de Morris, La belle Province, en 2004, avec un certain Laurent Gerra au scenario, qu’ont débuté les (nouvelles) aventures de Lucky Luke. Après trois titres, Gerra, a lâché l’affaire. Mais, avec Achdé au dessin, l’imitateur s’était attaché à réinscrire l’homme qui tire plus vite que son ombre dans l’esprit de ses meilleures années, alors un peu perdues, celles du duo Morris – Goscinny qui a donné ses lettres de noblesse à la série. Daniel Pennac et Tonino Bonnavista lui ont emboîté le pas avec le très bon Lucky Luke contre Pinkerton en 2010 et ils ont récidivé cet automne avec Cavalier seul. Où d’emblée, les plus anciens lecteurs du Lucky Luke qui égayait les pages du journal de Spirou, avant de devenir la star internationale et audio-visuelle d’aujourd’hui, retrouvent l’ambiance des pages d’antan. Le dessin d’Achdé, parfait descendant de Morris, est passé par là, et ses couleurs chaudes ont traversé le temps.

    Pour le reste, l’histoire n’est pas très épaisse il faut bien l’avouer. Les quatre Dalton font un véritable « four men show ». Ou plutôt quatre « one man show » puisque le principe de ce 75e Lucky Luke est, justement la séparation du quatuor après que le chef naturel, Joe, ait raté un coup de trop aux yeux de ses frères. Chacun des Dalton agit alors seul. Avec des fortunes (ils ont pour objectif chacun d’amasser un million de dollars) et infortunes diverses. Jusqu’à ce que Lucky Luke et son désormais très agaçant Jolly Jumper sifflent la fin de la récréation pour ramener tout le monde au pénitencier. Comme d’hab’. Trop comme d’hab’ ? Et facilement. Trop facilement ? Il ne suffit pas de mettre les Dalton en scène et leur dire de s’occuper de tout durant 48 pages pour faire un bon album. Même si, encore une fois, le graphisme et le découpage des planches optimisent largement l’histoire.

     

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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