Les désirs de Monsieur, la force de sa servante

    capture-decran-2016-11-06-a-20-08-09Monsieur désire ? Hubert (scénario), Virginie Augustin (dessin). Editions Glénat, 128 pages, 17,50 euros.

    Au basculement entre l’Angleterre georgienne, fin de siècle et libertine, et l’austère royaume victorien, l’arrivée d’une humble servante dans la maison d’un jeune lord aux mœurs dissolues va bouleverser la vie de l’un comme de l’autre.

    Arrivée de sa campagne, Lisbeth entre comme femme de chambre dans la maison de lord Edouard. Avec ce que la pression sociale et la rigueur de classes impose comme effacement. Mais progressivement, la servante va devenir malgré elle la confidente de l’aristocrate raffiné mais dévergondé. Par son mutisme, sa capacité empathique à supporter les excès et les provocations de son maître, une étrange relation va se nouer entre eux. Et Edouard va en arriver à raconter sa vie, provoquant la jalousie et l’offuscation de toute le petit personnel, jusqu’à une manipulation dont Lisbeth sera victime…

    Contraste de classes, contraste de caractères, contrastes de vie. Ce joli et subtil album fonctionne sur ces paradoxes et ces interdits, entre un lord libertin, volubile, aussi provocateur que charmeur, mais qui cache derrière sa superbe une profonde douleur d’enfant abandonné et une servante mutique, d’apparence effacée, mais d’une grande force de caractère et aux profondes qualités humaines.

    A cela s’ajoute un portrait détaillé et soignée de l’Angleterre de l’époque (complété et renforcé par un dossier historique costaud à la fin de l’ouvrage). Un beau récit, touchant et marquant, qui se double d’une jolie prouesse graphique pour restituer l’état d’esprit de Lisbeth. Tout passe par des échanges de regards, des attitudes, toute choses très finement restituées par Virginie Augustin. Et déjà aussi par la silhouette de Lisbeth (en qui on verrait bien Catherine Frot, pour une possible version cinématographique).
    Un livre très soigné où le scénariste Hubert (une valeur montante) parvient encore à surprendre dans son épilogue, évitant le classique happy end attendu, tout en réaffirmant l’indépendance d’esprit de son héroïne.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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