Les Vieux Fourneaux retournent dans la mêlée

    Les Vieux Fourneaux, tome 5: bons pour l’asile, Wilfrid Lupano (scénario), Paul Cauuet (dessin). Editions Dargaud, 56 pages, 12 euros.

    Après une étape cinématographique plutôt bien négociée (malgré quelques critiques bêtement assassines), Les Vieux Fourneaux retrouvent les rayonnages des librairies (avant ceux, sans doute, des bibliothèques, le succès de la série étant désormais bien établi). Et après un album plutôt rural ou néo-rural, place à un cinquième tome très urbain.
    Antoine et Mimile montent en effet à Paris, afin de ramener Juliette auprès de sa mère puis d’aller assister au match France-Australie de rugby au Stade de France. Le duo espère mène pouvoir y amener Pierrot, même si celui-ci se refuse à aller voir l’équipe d’un pays, l’Australie donc, qui entasse les migrants dans des camps sur l’île isolée de Nauru. Car, plus anar et activiste que jamais, ce dernier s’est lancé dans l’aide aux migrants à travers une très astucieuse entreprise tout en découvrant, accablé, qu’il a donné naissance à une vocation de flic. Et le trio pourrait encore se réduire car Sophie (la petite-fille d’Antoine, le syndicaliste) a imaginé, autre forme d’activisme familial cette fois, un subterfuge machiavélique afin que son grand-père retrouve son fils, qui sont en froid depuis des années. Mais, au final, c’est peut-être bien Mimile qui accomplira le plus beau coup d’éclat !

    Et non, notre désormais célèbre trio de papys militants n’est toujours pas prêt d’aller à l’asile, du moins à celui pour les vieux ! Autre bonne nouvelle, la série qui montrait une légère fatigue dans son dernier opus, retrouve tout son dynamisme.
    La première séquence, burlesque et réjouissante à souhait, donne le ton et le climat de l’album: toujours aussi rythmé, drôle, émouvante aussi… et politique (au bon sens du terme). Wilfrid Lupano réussit une fois encore à mêler deux, voire trois histoires en parallèle, tout en instillant, sans insister lourdement, quelques réflexions bien senties sur le droit d’asile, la situation des migrants et donc la politique australienne en la matière.
    Si le scénario est dense et bien maîtrisé jusqu’au bout (avec une séquence au stade de France qui a de quoi rester dans les mémoires !), le travail de Paul Cauuet au dessin est lui-aussi toujours aussi brillant. Son trait semi-réaliste fait vivre avec énergie et empathie tous ses personnages. Bons pour la suite, les Vieux Fourneaux !

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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