L’éternel retour d’Alix

    Alix senator, tome 1 : Les Aigles de sang, Valérie Mangin et Thierry Démarez. Editions Casterman, 48 pages, 12,95 euros ou édition collector à tirage limité 56 pages, 18,95 euros.

    Tous ceux qui s’intéressent à la BD ou à la civilisation romaine connaissent l’Alix de Jacques Martin.  L’histoire de ce jeune Gaulois qui commence sa carrière, en 1948, dans les pages du journal de Tintin en mettant ses traces dans celle de Ben Hur, esclave tout d’abord avant de s’attirer les faveurs de puissants officiels romains et de devenir le confident et l’ami de César lui-même.

    Dans cette série dérivée, nous retrouvons un Alix vieilli, chargé d’honneurs, il est devenu sénateur. Tente années se sont écoulées, César est mort, assassiné par Brutus, et le petit Octave qu’Alix avait rencontré et protégé dans Le Tombeau étrusque, est maintenant au fait du pouvoir sous le nom d’Auguste.

    Mais les amis d’Auguste sont mystérieusement assassinés par des aigles qui leur déchirent les entrailles avec des griffes en or. Aidé de ses fils Titus et Khephren (fils d’Enak qui a été adopté par Alix après la disparition mystérieuse du prince égyptien), Alix va mener une enquête qui le conduira sur la piste d’un meurtrier aussi dangereux que puissant.

    Alors que la série de Jacques Marin affiche ses 63 ans, cette reprise, conçue sous la forme d’un triptyque auquel des suites pourront être ajoutées, joue sur la différence de style et de position sociale du héros. Alix, devenu sénateur, est un personnage officiel de l’empire, à ce titre certains sujets –que Jacques Martin ne pouvait traiter que par la bande– deviennent accessibles. Ainsi, s’il réprouve la trop grande concentration des pouvoirs entre les seules mains d’Auguste, Alix, fidèle en amitié, ne fait rien pour s’y  opposer.

    Alors, qu’en est-il de cette reprise ? Si la rigueur historique qui était l’une des marques de fabrique de Jacques Martin est préservée, il y a, malgré tout, une certaine gêne à se réapproprier le personnage. Le jeune Gaulois est devenu un patricien riche et… il est d’un certain âge (plus de 50 ans), et puis Enak est absent, sans que l’on sache ce qui lui est arrivé. Le dessin ensuite, Jacques Martin, E.P. Jacobs et Hergé étaient les maîtres de l’école de Bruxelles et des orfèvres de la ligne claire. Ici, pas de ligne claire, mais un dessin réaliste où, bien que le travail à la gouache de Démarez fasse merveille, nous ne retrouvons pas le style “martinien”. Ce n’est ni mieux, ni plus mal, c’est différent.

    C’est différent mais c’est bon !

    L’édition collector à tirage limité se présente avec une couverture différente, un dos toilé rouge et surtout  un cahier supplémentaire de 8 pages consacrées aux principaux personnages de l’album.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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