L’heure de la retraite pour les Tuniques bleues ?

    tuniques-bleues_t60_couvLes tuniques bleues, tome 60: carte blanche pour un bleu, Cauvin (scénario), Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

    Côté santé, cela ne va pas fort pour le Sergent Chesterfield, à l’aube de ce soixantième album. Avec une carte blanche qui signifie une mise au vert. Soufflé par une explosion lors d’une énième charge du 22e de cavalerie, le voilà aphasique, voire carrément réduit à l’état de “légume” dans son fauteuil roulant. Devenu inapte au service, l’armée entend le renvoyer à la vie civile. C’est-à-dire à l’asile. Mais Blutch parvient à négocier un mois pour tenter de le remettre sur pied. Pour cela, il va entreprendre de lui faire recouvrer la mémoire. Un tir de canon ou une sonnerie de charge n’y parvenant pas – à défaut de perturber le camp – Blutch entreprend de lui faire rencontrer divers lieux ou figures de leurs aventures passées: l’ignoble sudiste Cancrelat, une montée en ballon, un retour à Fort Bow, des retrouvailles avec le petit tambour de Drummer boy ou le danseur des Bleus de la balle, un passage sur un croiseur en souvenir de Duel dans la Manche. Mais rien n’y fait. Ne reste plus alors qu’à ramener le sergent dans sa famille. Et c’est là que le miracle va avoir lieu…

    Cela déjà un certain temps que l’on n’attend plus d’être étonné par les aventures des Tuniques bleues. Mais le charme ne s’est jamais rompu non plus, pour ceux qui suivent fidèlement les péripéties des deux soldats “yankee” pendant la guerre de sécession. On les retrouve donc désormais avec une sorte de doux fatalisme, comme lors de retrouvailles avec des amis éloignés mais jamais totalement perdus de vue ou lorsqu’il s’agit d’aller voir sa vieille tante qui radote un peu mais que l’on aime bien quand même.

    En cherchant à ressusciter la mémoire de Chesterfield, cet album sert aussi, et surtout, à remémorer quelques grands albums passés de la série. Avec des allusions furtives qui ramènent forcément à la mémoire des souvenirs. En creux, le manque d’imagination de cette nouvelle aventure résonne de triste manière. 60, l’âge de la retraite, alors ?

    Même s’il n’ont plus grand chose à dire – dans cet album au moins, puisque le dernier montrait quand même un peu plus d’inspiration et d’originalité – Lambil et Cauvin le disent au moins toujours avec la même chaleur.
    Le trait est toujours aussi sûr, la reconstitution d’époque précise et l’ambiance bon enfant. Sympathique donc et, pour le coup, l’album apparaît presque comme une introduction clin d’oeil à l’album collectif d’hommages qui sort en parallèle.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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