Ultime rebondissement (enfin)

    Ultime frontière, tome 4, Léo (scénario), Icar (dessin). Editions Dargaud, 48 pages, 11,99 euros.

    Il n’est pas dans nos habitudes, ici, de se faire plaisir à “démolir” un album. D’une part, toute bande dessinée nécessite un travail qui mérite respect. Et d’autre part, la subjectivité du regard implique la modestie de l’appréciation. Enfin, au vu de la masse considérable de parutions, il est souvent plus intéressant de se pencher sur les albums qui nous auront intéressé et de laisser les autres dans un charitable oubli.
    Tout cela pour dire que cette notule sur le quatrième et ultime tome de cette série se justifie surtout dans une logique de suite et de bouclage de l’aventure.

    Pour ce qui est de l’aventure, donc, Jane et John, les deux héros ont réussi à descendre dans la grotte mystérieuse indiquée par le monstre qui hante ces terres. En bas, ils ont découvert un vaisseau spatial enfoui dont des robots assurent la maintenance et d’autres fonctions médicales, notamment. John, dont le bas du corps (mécanique) avait été coincé sous un rocher va en bénéficier. Pendant ce temps, en ville, une deuxième tentative d'”emprise” a eu lieu, sur un bébé, de la part d’un ectoplasme bleu dont on comprend progressivement la nature extra-terrestre et l’absence de dangerosité… A la différence de Burton, le riche propriétaire terrien, qui sera contraint de révéler sa véritable identité, la nature de ses pouvoirs et son passé inquiétant…

    On ne pourra nier l’humanisme de cette série, qui se déploie particulièrement dans ce dernier épisode. ni sa xénophilie. Et tous les mystères auront bien trouvé leurs réponses. Mais au-delà de ces bonnes intentions – qui confinent au propos convenus – cette série à l’origine alléchante se montre de plus en plus décevante.

    Déception donc que ce quatrième album, qui s’inscrit dans la lignée du précédent qui, déjà, avait nettement fait s’évaporer les espoirs suscités par le début de cette histoire qui ne manquait pas, a priori, d’atouts. Hélas, ce western spatial au sein d’une faune fantastique (la marque de fabrique de Léo) et nimbée d’un profond mystère, s’achève sur une conclusion particulièrement conventionnelle. Toutes les zones d’ombre sont bien éclairées, certes. Trop peut-être même, avec quelques tunnels explicatifs très pesants. Et une fin d’histoire passablement laborieuse et sans aucun suspense.
    En clair (attention spoiler !), Burton a trouvé l’épave extraterrestre et a tenté de se servir de la technologie alien pour ses propres fins. Et c’est en tâtonnant qu’il malencontreusement libéré l’alien, en stase, contraignant ce dernier à trouver un corps pour y loger. Quant au “monstre” et aux autres créatures étranges aux prothèses bizarroïdes, c’est le fait des robots-médecins pas programmés pour de telles opérations sur des créatures inconnues.
    Bavard et pour le coup d’un grand clacissisme, ce dernier tome souffre en plus d’un traitement graphique passablement bâclé, en tout cas très sommaire. Icar semble avoir bâclé son dessin (pour en finir au plus vite ?). Bref, il était plus que temps que cette ultime frontière soit atteinte. Elle, qui n’a jamais été dépassée.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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