Maria de tous les seins… Pin up and down

    Star fuckers, tome 1: la belle et les bêtes, Alcante et Gihef (scénario), Dylan Teague (dessin). Editions Kennes, 48 pages, 14,95 euros.

    Maria Furia est une jeune et jolie “dos mouillé”, ces immigrés mexicains clandestins qui franchissent à la nage le Rio Grande pour tenter leur chance et chercher une meilleure vie aux Etats-Unis. Quelques mois plus tard, le conte de fée de la jeune femme est sur le point d’être atteint. Ou presque.

    Loin de son rêve fantasmatique d’être épousée par le brillant acteur Hugh Gates, Maria a échoué dans un club de strip-tease qui lui assure une survie passablement glauque. Elle finira par rencontrer le bel acteur hollywoodien, mais pas franchement comme elle l’espérait. Aidée par un ex-paparazzi vitriolé, elle commencera à nourrir sa vengeance et à entamer sa montée vers les étoiles…

    Voici une série qui ne cache pas son jeu. Et pas grand chose de la plastique de son héroïne dès la (jolie et suggestive) couverture. Le copieux dossier de presse qui accompagne la sortie de ce premier tome ne masque pas, lui non plus, ses ambitions, évoquant une “série d’un nouveau genre“, aussi décalée que Nip/Tuck, aussi bling-bling et drôle que Californication et aussi sexy et impertinente que Masters of Sex. Des références qui ont le mérite de donner une idée assez claire de l’ambiance, mais aussi de prêter le flanc à des comparaisons excessives qui risquent, forcément, de ne pas toutes être en faveur de l’album des deux scénaristes belges et du britannique Dylan Teague.

    De fait, le bilan, à l’issue de ce premier opus est mitigé. La volonté de conter l’envers du mirage hollywoodien est bien présente, à travers son contexte général (et générique) mais aussi avec son allusion à peine masqué aux avanies d’un acteur qui fait forcément penser à Hugh Grant. Côté références, ce dévoilement des dessous peu ragoûtants de “l’usine à rêves” rappelle le récent diptyque Pornhollywood, dans un registre plus contemporain. Et un peu moins classe et cohérent.
    Le dessin semi-réaliste de Dylan Teague (longtemps habitué du magazine 2000 AD et de Judge Dredd) est soigné et ne manque pas de dynamisme ni d’un certain charme. Mais il est aussi, paradoxalement, d’une relative froideur pour une histoire qui se veut très “chaude” et qui n’est pas du tout érotique, tout juste sexy. Et il en va de même pour l’intrigue et les personnages, qui oscillent entre figures archétypales et clichés improbables qui n’ont, pour l’heure, pas non plus l’énergie déployée par les “baiseurs de célébrité” chantés par le combo rock industriel Nine Inch Nails.

    La dernière planche laisse cependant espérer une orientation vers un esprit “serial”, qui remplirait la promesse d’un rythme “télévisuel”, à travers une histoire indépendante reliée par un “fil rouge” par tome.
    Sans être désagréable ou déshonorant, Starfuckers n’est pour l’instant ni vraiment cul et pas (encore ?) culte. Mais on laissera volontiers une seconde chance à la jolie Maria, en ne demandant qu’à être pleinement séduit cette fois.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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