Marzi surfe toujours sur la vague de sa jeunesse polonaise

    Marzi, tome 7: nouvelle vague, Marzena Sowa (scénario), Sylvain Savoia (dessin). Editions Dupuis, 56 pages, 12 euros. Parution 7 juillet, diffusion en avant première ce week-end lors des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, en présence des deux auteurs.

    La Pologne a bien changé depuis l’enfance de Marzi sous Jaruzelski. En cette année 1990, Lech Waleza, le leader de Solidarnosc est désormais président de la République et le pays tente de s’adapter, tant bien que mal à l’ouverture sur l’occident. Changement aussi pour la jeune fille, désormais adolescente de 11 ans, à qui son père propose de partir, l’été, en colonie de vacances organisée par le syndicat de son usine. Quinze jours d’été à la mer (baltique), du côté de Gdansk. Pour Marzi, qui n’a jamais vu la mer, ce sera un séjour de découvertes et d’échanges. Avec ses nouveaux camarades, mais aussi avec un jeune Allemand rencontré sur la plage…

    Dernier volume de la série inspirée des souvenirs d’enfance de Marzena Sowa, cet album acte à la fois de la chute finale du régime stalinien soviétique et de la fin de l’enfance de Marzi. Notamment lors de la planche, assez symbolique, de la visite de la friche des chantiers de Gdansk où tout avait commencé dix ans plus tôt.
    L’actualité politique s’étant un peu estompée dans la torpeur démocratique naissante, le récit se centre plus sur la vie personnelle et intime de Marzi, avec ses réflexions candides et graves, ses anecdotes relatant simplement de petits détails de la vie quotidienne de son héroïne. La fraîcheur du propos est toujours aussi présente, tout comme “l’exotisme” du décalage avec la Pologne de l’époque et la sensation de vécu bien restitué par l’auteure. Et s’il ne se passe pas vraiment grand chose en soi, le récit est dense – tout comme la composition des planches, qui multiplient souvent le nombre des cases.
    Graphiquement, Marzi s’est allongé et a définitivement perdu sa silhouette enfantine. Mais les dessins sont toujours aussi clairs et joliment mis en couleurs. Bref, comme elle le dit à sa mère à la fin, Marzi “évolue” mais elle ne change pas.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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