Metalfer n’a pas rouillé !

    Metalfer, Stan et Vince (dessin et scénario), Editions Dargaud, 80 pages, 15,99 euros.

    Cette année (pour ce Noël de l’an 2039), ce sera le cadeau idéal : le Metalfer, un jouet d’avant-garde, à moitié robot, à moitié exosquelette. Une création si révolutionnaire qu’elle est l’enjeu d’une violente bataille entre la firme Waxman et celle dirigée par Clark Goebbels pour tenter de récupérer son créateur, l’ingénieur Jones. Et quand Wilson et ses mercenaires débarquent, ce n’est plus du jeu, ou alors du casse briques version XXL. Mais cela ne sera encore rien par rapport à la situation après Noël, une fois que tous les jeunes se seront trop bien appropriés leur Metalfer et auront déclenché une vraie guerre de générations, non plus entre les vieux et les ados comme dans Geek War, mais entre les enfants et leurs parents. Et la solution trouvée par les adultes pour résoudre le conflit, via la création d’un super-Metalfer va déclencher, elle aussi, une catastrophe encore plus grande pour l’Humanité…

    Cadrage, rythme et soin des arrières-plans...

    Cette rafraîchissante histoire n’a pas pris une ride (ou, plus correctement, n’a pas rouillé) depuis un quart de siècle. Cet album copieux (80 pages – d’où un petit coup de mou vers le milieu) est en effet issu d’une première version inachevée, de 24 pages, parue en 1989 (dans Dark Horse Presents). Stan et Vince, vieux routiers multicartes (et multi-talents) du neuvième art, peuvent, avec bonheur, la conclure ici.

    Car les Metalfer n’ont pas à rougir aux côtés de Robocop ou des récents Jaegers de Pacific Rim – auquel le style très visuel et cinématographique de la BD renvoie. Et le style d’anticipation un peu old school déployé ici non plus.

    Hyperbolique, volontiers satirique, avec une violence exacerbée et démonstrative (plus dans l’esprit de L’Imploseur que des ChronoKids, donc, avec des yeux qui giclent des orbites, de la cervelle qui se répand à grosses volée sous l’impact des fusils d’assaut, des gars littéralement écorché vif ou démenbrés et des combats démentiels), Metalfer est une série B qui s’assume pleinement comme telle, hyperbolique et haut en couleur. Une réjouissante récréation au ton punk rigolard.

    Et donc un beau cadeau de Noël, moins dangereux pour nos progénitures (et notre survie parentale future) que le Metalfer !

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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