Notre Mère la Guerre : retour aux sources

    Notre-Mère la Guerre, troisième complainte, de Maël et Kris, éditions Futuropolis, 64 pages, 16 euros.

    Comme l’emprise de la guerre qui en est le sujet, Notre Mère la Guerre s’installe, elle aussi dans le conflit, en ce début d’année 1917. Et elle se confirme comme une des toutes premières séries de bande dessinée sur la Guerre de 14-18, sur le fond comme la forme.

    Deux ans après le début de l’intrigue, l’affaire des assassinats de femmes sur la ligne de front, au coeur du récit, semble classée et oubliée ; enterrée avec les jeunes assassins présumés de la section du caporal Peyrac, morts dans une tranchée de la Marne en 1915. Le lieutenant de gendarmerie Vialatte est de son côté devenu lieutenant de chars. Mais il sera dit que cette histoire inachevée n’a pas fini de le hanter

    Blessé, Vialatte retrouve sur son lit d’hôpital le capitaine Janvier qui le remet sur la piste du ou des tueurs. Ou plutôt lui impose de tout reprendre à zéro, afin de “rendre justice à ces malheureuses femmes et à ces gamins perdus”. Le gendarme part enquêter à Paris, sur les origines de l’engagement de cette bande de jeunes repris de justice, qui préfèrent s’engager pour mourir au grand air plutôt que de crever dans leur cellule…

    Album devant marquer, à l’origine, la fin de la trilogie annoncée, ce troisième tome rebondit, dans l’intrigue et dans l’ambiance. On sort des tranchées “classiques” pour retrouver d’abord les chars, “l’artillerie spéciale”, cette nouvelle arme qui apporte une touche monstrueuse et industrielle à la guerre (à l’image du dessin magistral de couverture), puis l’ambiance – faisandée – de l’arrière.  En cette année 1917, c’est aussi l’occasion pour Kris d’évoquer le ressentiment et la colère qui monte dans les unités. Un esprit de mutinerie latent évoqué en deux planches aussi justes que fortes…

    Quand aux dessin de Maël, toujours en aquarelles et en couleurs directes, il continue à restituer avec une grande sensibilité et élégance l’horreur et la pesanteur de ce premier conflit mondial.

    Une fois ainsi replongé dans cette atypique enquête policière au coeur de la guerre, on en vient déjà à regretter qu’il n’y ait plus qu’un dernier album à venir…

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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