Nouvelle superbe mise en boîte dans l’univers “Knife O’Clock”

    La fille de l’ouvre-boîte, Rob Davis. Editions Warum / Steinkis, 164 pages, 20 euros.

    Le tome précédent de cette trilogie “Knife O’Clock”, L’Heure des lames avait fait découvrir cet univers totalement surréaliste et poétique, où les enfants créent leurs parents, où la pluie est faite de couteaux, où chacun connaît l’heure de sa mort. Il avait surtout fait découvrir un trio d’adolescents bizarres mais très attachants. Ce second tome évoque donc la suite des aventures de Scarper Lee, Castro Smith et Vera Pike. C’est cette dernière qui est au centre de l’intrigue cette fois.

    Fille de l’ouvre-boîte, donc – père sympathique mais effacé, relégué dans un tiroir par sa femme – mais surtout de la météorloge, qui fait la pluie (de couteaux), le beau temps mais surtout règne dictatorialement sur Grave Acre, Véra va se retrouver envoyée dans le très select collège de Saint-Sylvia, où elle trouvera matière à durcir encore son caractère, trouvant l’énergie ensuite, pour découvrir le secret de ce monde et la manière dont la “haute classe” de Grave Acre asservit le “bas peuple” de Bear Park. Et il s’agira encore pour elle de parvenir à sauver son ami Scarper de sa mort annoncée, faisant naître en cela les germes d’une révolution à venir…

    S’inscrivant dans la suite directe du tome 1, ce second épisode est aussi, est avant tout un long flash-back révélant la nature et la raison d’être de Véra Pike, tout comme quelques uns des rouages faisant fonctionner ce monde très singulier.
    Avec parfois des airs de Truman Show rehaussé à l’acide, cet épisode est véritablement central, manifestement, dans la trilogie. Il suscite forcément moins d’étonnement et de ravissement que la révélation produite par l’imaginaire débridé et l’ambiance inédite de l’Heure des Lames. Mais cette Fille de l’Ouvre-boîte amène donc des clés indispensables à la compréhension du mécanisme sophistiqué qui régit cet univers brindezingue mais si stylé et british. Ce deuxième épisode poursuit aussi son examen cruel de l’adolescence, à travers cette fois surtout le pendant féminin et son pensionnat de jeunes filles.
    Les dessins de Rob Davis, en noir et blanc rehaussés de touches de gris, sont toujours aussi expressifs et on s’immerge toujours avec autant de facilité, finalement, dans le monde baroque de l’auteur anglais – pour peu qu’on en accepte les règles particulières.

    Notons, une fois encore, le joli travail d’édition, avec embossage des deux couvertures et une finition argentée qui vient répondre aux tonalités bronze du tome 1. De la belle ouvrage, donc, pour un bel album, qui vient parachever la réussite du premier. En attendant le troisième et l’épilogue à venir.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Quand le passé re-débarque

    Bleu, Blanc, Sang, tome 1 :  Provence, août 1944, Stalner, Moënard, éditions Soleil, 48 ...

    Les Bidochon se voient toujours bien en peinture

    Un 3e jour au musée avec les Bidochon, Binet (textes et dessins), Patrick Ramade, ...

    Les Bidochon entrent au musée

    Un jour au musée avec les Bidochon, Binet, Ramade, Lacote, éditions Fluide glacial, 92 ...

    “La Nuit” au goût du jour

    La Nuit, Philippe Druillet. Editions Glénat, 72 pages, 18 euros. Epuisé, l’album était devenu ...

    Astérix brillamment passé aux rayon X

    X, David Latini (texte), Stéphane Douay (dessin). Editions Pirates, 120 pages, 10 euros. Soit ...

    Le retour des petits Oms

    Oms en série, tome 2: l’exom, Jean-David Morvan (scénario), d’après le roman de Stefan ...