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Ombres et lumière sur la banlieue lyonnaise

capture-decran-2016-09-30-a-15-15-56 Jeu d’ombres, tome 1: Gazi, Loulou Dedola (scénario), Merwan (dessin). Editions Glénat, 64 pages, 14,95 euros.

Un coup de projecteur sur la “communauté” turque et un portrait tout en nuances de la réalité de la banlieue, via un zoom dans les cités lyonnaises.

Fils d’immigré turc, Cengiz est un jeune étudiant studieux et brillant. Et aussi une personnalité charismatique dans son quartier. Son dernier exploit, qui le fait repérer par la sénatrice-maire de sa commune est d’être parvenu à désamorcer une émeute, suite à la rumeur de la mort d’un jeune sous les balles de la police. Viviane, elle, a moins de réussite. animatrice dans une radio locale, elle vient de planter son année universitaire, arrête les études faute de bourse pour les continuer et envisage de s’orienter dans l’associatif ou la politique. Aidé par Cengiz – qui est secrètement amoureux d’elle – elle concrétise son ambition dans le lancement de l’association “Forum Jeunes”. Les deux jeunes sont repérés par les politiques du coin, mais l’ombre du frère de Cengiz, Sayar, caïd violent emprisonné à Istambul pour une affaire de drogue, plane sur leur destinée…

Connaissant manifestement très bien ce qu’il décrit, Loulou Dedola, leader du groupe RCP (qui apparaît en clin d’oeil à plusieurs reprises dans l’album) réussit ici à restituer une image de sa banlieue lyonnaise au-delà des clichés faciles. Un sentiment de vérité qui joue aussi pour l’évocation des immigrés turcs, pris entre attachement laïc kemaliste et poussée religieuse.

Entrant à chaud dans son sujet, sans chapitre d’exposition ou de présentation développée, ce Jeu d’ombres saisit d’entrée le lecteur. Et ne le lâche plus. Les personnages sont forts et bien campés – qu’il s’agisse du couple au coeur du récit mais aussi des personnages secondaires – l’intrigue est dense et plurielle mais ne se perd jamais et reflète la complexité des sentiments et des préoccupations de Cengiz. Et le trait léger, personnel et enlevé de Merwan (qu’on a déjà pu apprécier dans Pour l’Empire avec Bastien Vivès ou sa trilogie Le Bel âge) donne toute sa force et sa vibration à cette première partie d’un diptyque coup de poing, qui met bien en lumière une certaine réalité de la banlieue d’aujourd’hui.

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By Daniel Muraz

Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté.
Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre.

Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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