Pochi et Kuro, diablement savoureux

    Pochi et Kuro, tome 1 et tome 2, Matsumoto (scénario et dessin). Éditions Kazé, 6,79 euros, 192 pages.
    Jeune démon sans le sou mais terriblement craint au royaume des démons où cohabitent dragons, loups-garous, vampires et autres créatures effrayantes, Kuro est avant tout un amateur de bonne chère. Accompagné de son fidèle “chat-Frankenstein”, Léo, il fait, un jour, une drôle de prise lors d’une partie de pêche.
    Alors qu’il rêvait depuis très longtemps de gouter à de la chair humaine, l’un des mets les plus recherchés dans le royaume, voilà qu’il remonte une jeune lycéenne. Affamé et très tenté de cuisiner cette humaine qu’il baptise Pochi et qui ne exprime qu’en langage Playstation (x, rond, triangle, carré), Kuro ne peut s’y résoudre sans qu’il ne sache pourquoi son cœur s’emballe si fort devant elle. Problème, les autres démons qui peuplent cette contrée ont aussi l’estomac dans les talons et hâtent de goûter à Pochi. Tout comme Ishizu, le prince du royaume, qui voit dans la jeune fille la possibilité de destituer son père, le roi-démon, et d’accéder ainsi au trône qu’il convoite. Autant dire que Kuro et Léo devront s’employer pour les empêcher de dévorer l’appétissante (et imprévisible) Pochi…

    Imaginé en quatre tomes, Pochi et Kuro se révèle être un savoureux manga écrit et dessiné par la jeune Naoya Matsumoto. Bourré d’humour, cette bande dessinée est destinée de prime abord à un public adolescent, dans la même veine que Black Clover, également édité par Kazé. Il faut l’avouer, le scénario n’est pas très original et ne devrait pas rester dans les annales du manga qui pullulent d’histoires mettant aux prises démons et humains mais il a le mérite d’être divertissant et de déclencher souvent des éclats de rires comme ce passage où Pochi est littéralement roulée dans la farine ou plutôt la chapelure. Car c’est bien connu, tout aliment devient un délice une fois pané ! Personnages haut en couleur, Kuro et Leo forment un duo comique qui fonctionne bien. La mangaka se plaît à martyriser Kuro à travers plusieurs petites saynètes disséminées ici et là. Outre cette dimension comique assumée, l’autre thème du manga, la cuisine (japonaise évidemment), ne manque pas d’intérêt. On est ainsi très vite affamé après la lecture des premiers tomes. C’est l’un des effets secondaires de cette bande dessinée même si les recettes sont un peu moins élaborées et détaillées que celles que l’on trouve dans Les gouttes de Dieu, Toriko ou encore Le chef de Nobunaga. Côté graphisme, les dessins ne sont pas hyper originaux mais on apprécie le dynamisme du trait, notamment dans les scènes de combat. De plus, l’auteur fait preuve de créativité en dessinant ses démons. Mention spéciale pour son “Franken-chat” qu’elle croque avec la tête détachée du corps. Quelques belles pleines-page permettent de déceler le potentiel de Naoya Matsumoto, 35 ans, dont il s’agit du premier titre publié en France. Comme pour Black Clover, son manga est parsemé de multiples fiches-personnages. On y apprend ce qu’ils aiment, leurs points faibles et surtout on y trouve un commentaire personnalisé de l’auteur. De quoi peut-être vous ouvrir l’appétit.

    Par Bakhti Zouad

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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