Promenons nous Dans les bois…

    Dans les bois_couvDans les bois, Emily Carroll. Editions Casterman, 208 pages, 22 euros.

    La mère de Bell lui parlait, enfant, du monstre dans le cellier, de la brume noire aux milliers de bouches et surtout des Emprunteurs, qui vous dévoraient de l’intérieur afin d’y faire leur nid. Des contes oubliés qu’elle va retrouver, étudiante, avec surprise et terreur lorsque elle se retrouve à passer l’été dans la maison de campagne de la fiancée de son frère. Derrière la chaleur apparente de l’accueil, Bell perçoit des choses étranges, autant que l’interdiction qui lui est faite d’aller dans les bois tous proches. Premier et plus long récit de ce recueil, l’hôte pose le cadre de ces histoires aux allures de contes fantastiques ou horrifiques.
    Dans Son visage ensanglanté, un frère voit revenir avec stupéfaction le frère qu’il venait de tuer, lors d’une battue au loup, par frousse et par envie. Dans mon amie Janna, un subterfuge et un petit jeu spiritiste se transforment en vraie possession. Dans La maison voisine, trois jeunes filles vivant dans une cabane perdue disparaissent tour à tour, à cause d’un “homme au grand chapeau” qui n’est peut-être pas un homme. Enfin, dans La dame aux mains froides, une jeune épouse découvre, dans les murs de son manoir les preuves du tragique secret de son mari…

    Nouvelle venue de la bande dessinée anglo-saxonne, la canadienne Emily Carroll s’est vu gratifiée de deux Eisner Awards en 2015 pour son anthologie de contes horrifiques, aujourd’hui publiée par Casterman en version française.

    Son univers ici oscille entre onirisme, ambiance gothique, horreur à la Edgar Poe et univers des contes de Grimm (dont un clin d’oeil au Petit Chaperon rouge), avec des récits cultivant l’ambiguïté et les faux semblants, et une ambiance suscitant – sinon la terreur – au moins de jolis petits frissons.

    Disparates, ces histoires s’inscrivent dans des ambiances et des styles et techniques différents selon les histoires, plus ou moins réaliste, plus ou moins suggestif. Plus ou moins captivants aussi (même si, globalement, le contrat est bien rempli avec le lecteur).

    A noter enfin l’écrin de belle facture réalisée pour l’édition française, avec sa jolie couverturetravaillée et son cordon-signet, dans un format de livre de contes. Rouge comme le sang et noir comme la nuit sombre.

    Dans les bois_planche

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Cause Commune

    Communardes: les éléphants rouges, Wilfrid Lupano (scénario), Lucy Mazel (dessin). Communardes: l’aristocrate fantôme, Wilfrid ...

    La belle descendance de Jessica

    LES ENFANTS DE JESSICA, t.1 : le discours, de Luc Brunschwig et Laurent Hirn, ...

    Le retour théâtral des Spectaculaires

    Les spectaculaires, tome 2: la divine amante, Régis Hautière (scénario), Arnaud Poitevin (dessin). Editions ...

    Jeu de cartes avec le Chat

    Bons baisers du Chat, Philippe Geluck. Editions Casterman,19,95 euros. S’il se fait plus rare ...

    Mauvaises ondes

    Zone blanche, Jean-Claude Denis, éditions Futuropolis, 72 pages, 16 euros. Dernier ouvrage en date ...

    L’enquête algérienne de Nadir Oualou

    Oualou en Algérie, Lounis Dahmani (scénario), Gyps (dessin). Editions La Boîte à bulles, 64 ...