Rabagliati en Paul position à Amiens, Lyon et Montréal

    L’auteur québécois Michel Rabagliati était à l’honneur au festival d’Amiens, le week-end dernier, et à celui de Lyon, le week-end à venir. Occasion d’évoquer aussi sa série d’images-affiches pour le 375e anniversaire de Montréal.

    Auto-portrait de Michel Rabagliati, sur le site des éditions de La Pastèque

    Figure de la bande dessinée québécoise, Michel Rabagliati, en une quinzaine d’années, a développé un style d’auto-fiction particulièrement attachant. Par petites touches, sans réel souci chronologique, il revient sur des séquences de son enfance, de son adolescence, de ses débuts à l’âge adulte.

    Huit ouvrages sont aujourd’hui parus, entre 1999 et 2015, évoquant la période de la fin des années 60 jusqu’au début des années 1990 (pour les Rendez-vous d’Amiens, les élèves de l’IUT GEA d’Amiens avaient réalisé une petite plaquette avec une utile chronologie comparée de “Paul”)…

    Mêlant l’autobiographie et la fiction à travers son alter ego Paul Rifiorati, il évoque à la fois des souvenirs personnels et la “grande histoire” du Québec, des joyeux moments passés chez les scouts aux soubresauts indépendantistes du FLQ (dans Paul au parc), d’une virée épique dans les Laurentides en hiver et des J.O. de Montréal en 1976 (dans Paul dans le nord), de son installation en couple dans son appartement en 1979 (Paul en appartement) aux chaleureux week-ends dans sa belle-famille, une dizaine d’année plus tard, mais aussi aux derniers jours de son beau-père (dans Paul à Québec, le plus émouvant album, peut-être), etc.
    Comme il l’a annoncé lors du festival d’Amiens, ce dimanche, le prochain album marquera une rupture, puisqu’il évoquera un Paul quinquagénaire, divorcé et dans une tonalité plus sombre et morose.

    Graphiquement, l’ambiance n’a guère changé. En noir et blanc (hormis une séquence onirique de trois pages dans Paul dans le Nord), le style est dépouillé, mais très évocateur. Et la série, empathique et parsemé de notes d’humour est particulièrement attachante (difficile de lâcher un des volumes une fois qu’on a commencé à le lire).

    Autre découverte amiénoise réjouissante, lors de l’expo qui lui était consacrée, sa série d’images-affiches commandée par la ville de Montréal pour célébrer cette année les 375 ans de la ville (et sans doute pour concurrencer les 400 ans de la ville de Québec).

    Paul à Montréal

    « Paul à Montréal », qui sera visible d’août à décembre dans la capitale québécoise sera un parcours urbain en bande dessinée, en douze cases géantes (des affiches de 2 x 4 mètres) réparties dans différents lieux de la ville, principalement dans le quartier du Plateau Mont­-Royal.
    Ces douze dessins remontent le temps, de la fondation de la ville jusqu’à nos jours, à travers une course-poursuite prétexte où un gentleman (aux traits assez proches de ceux de Paul) va chercher à redonner le mouchoir qu’une belle jeune femme a fait tomber. Cette traversée des siècles va s’accompagner d’autant de tableaux d’époques: celle des fondateurs, le XIXe siècle, les années 20, 30, les années 50, le Montréal de l’expo universelle, puis celle de la ville contemporaine. Autant de dessins parsemés de détails significatifs (pour les habitants du cru), mais qui se regardent avec grand plaisir pour la composition graphique des images (que l’on se permet de reprendre ci-dessous). Et un “beau livre” devrait reprendre l’ensemble des dessins accompagnés d’un texte explicatif.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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