Kamarades_couvKamarades, tome 1: la fin des Romanov, Benoît Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux (scénario), Mayalen Goust (dessin). Editions Rue de Sèvres, 60 pages, 13,50 euros.

    A Petrograd, en ce début d’année 1917, le fond de l’air est rouge et les révoltes populaires se multiplient. Le 26 février, la répression sanglante d’une manifestation va enclencher le processus révolutionnaire. Simple soldat, Volodia va y prendre sa part, déployant un charisme qui va être remarqué au plus haut, jusqu’à Lénine. Mais Volodia est aussi amoureux d’une belle rousse, Anastasia… qui n’est autre que l’une des filles du tsar Nicolas II. Ayant eu vent de cette romance, le tsar fait promettre à sa fille de cesser cette relation, en échange de la suppression de l’Okhrana, la police politique du régime, un service terrifiant et qui compte dans ses rangs une faune interlope dont un certain Joseph Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous son surnom de Staline ! Tandis qu’Anastasia disparaît, Volodia poursuit la guerre, d’abord sous les ordre du général tsariste Kornilov, puis dans l’armée rouge. Mais les deux amants vont être appelés à se retrouver, dans des circonstances aussi historiques que tragiques…

    Il n’est pas toujours évident de mêler la grande histoire et les destins individuels. Dans cette romance sur fond de révolution russe, Benoît Abtey (à qui l’on doit une récente relecture d’Arsène Lupin) et Jean-Baptiste Dusséaux y parviennent bien. Staline en agent de l’okhrana, une fille du tsar amoureuse d’un futur leader révolutionnaire, les combats violents de la guerre entre blancs et rouge, tout cela sert de décor impressionniste à une grande histoire d’amour romantique.

    Une bonne connaissance des événements de la période permettra certes d’apprécier mieux la saveur de cette relecture parfois elliptique où les faits historiques sont rapidement survolés, voire largement imaginaires (ainsi de l’implication de Staline comme agent du tsar, même si certains défendent cette thèse). Mais le récit est enlevé et bien construit et ce début de série (prévue en trois tomes) s’avère particulièrement séduisant par la grâce et l’originalité de son graphisme. Pour un premier album de bande dessinée, Mayalen Goust s’impose avec un trait léger et épuré et une mise en couleurs très réussie.

    La révolution des Kamarades est en marche. Et elle a bien commencé pour le moment.

    Kamarades_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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