Trondheim et Vatine vers l’Infinity et au-delà !

    infinity-8_1_6-vraie_couvInfinity 8, comics 1,2,3: Romance et maccabées, Lewis Trondheim et Zep (scénario), Dominique Bertail (dessin) – octobre 2016 ; comics 4,5 : Retour vers le Führer, Lewis Trondheim (scénario), Olivier Vatine (dessin) – novembre 2016. Chaque fascicule : 36 pages, 3,50 euros.

    Après le Château dans les étoiles et sa jolie prépublication sous forme de “gazette” fin XIXe siècle, voici Infinity 8 et ses comics façon “pulp”, préfiguration des premiers albums à paraître en janvier de cette série-concept événement de 2017.
    Mais avant d’en venir aux récits proprement dit, quelques mots s’imposent sur le concept, justement, de cet univers appelé à poursuivre son expansion sur huit albums, avec “8 agents, 8 missions et 8 reboots temporels”.
    On trouve aux commandes de ce space opera très spécial deux pilotes très expérimentés: Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Chaque album est ensuite co-écrit avec un des scénaristes de l’infiniteam (Velhmann, Zep, Kris, Mourier, Emmanuel Guibert…) puis mis en image par un dessinateur différent (Killofer, Olivier Balez, Martin Trystram, Boulet…). Un casting qui laisse rêveur. Et ce n’est – presque – rien au vu des histoires qu’ils vont conter…

    infinity-8_tome-4_6_couvDans un avenir lointain, le vaisseau de croisière intergalactique Infinity 8, avec à bord 880000 passagers de 257 races dont 1583 humains, est à quatre semaine de sa destination: la galaxie d’Andromède. Mais il se retrouve bloqué par un gigantesque d’amas d’artefacts, de bouts de planètes, de sépultures. Une étrange nécropole dont il faut découvrir la nature avant d’envisager de le traverser. Le capitaine de l’Infinity, de la race Tonn Shär va devoir utiliser le “protocole 8” et la capacité de sa race d’extraterrestre aquatique d’explorer une trame temporelle pendant 8 heures, puis de revenir en arrière si cela ne lui convient pas (le “reboot”). Et ce jusqu’à huit fois de suite.

    La première exploration est confiée à l’agente Yoko Keren, surtout préoccupée par trouver un géniteur pour son futur enfant et qui va être confrontée à une horde de kornaliens, seule race nécrophage présente sur l’Infinity, que la présence de la nécropole géante a rendu surexcités. Circonstance aggravante, les kornaliens assimilent le caractère du cadavre qu’il ont mangé. C’est ainsi que Sagoss, qui a exalté un sage romantique devient amoureux fou de Yoko, tandis qu’un de ses condisciples, lui, devient un chef de guerre bien décidé à détruire l’Infinity !

    infinity-8_tome-3_6_couvAprès avoir stoppé les kornaliens, la deuxième mission est pour l’agente Stella Moonricker, tout aussi plantureuse (et névrosée) que sa collègue. Assistée par un robot de probation aussi collant que pouvait l’être Sagoss avec Keren, cette fan de selfies va suivre un groupe de nostalgiques du nazisme qui cherchent la tête cryogénisée d’Hitler dans la nécropole. Si ces néo-nazis sont devenus de pacifiques amateurs de tartes et de merchandising, la réactivation de la tête de leur führer pourrait changer la donne et précipiter l’avènement d’un IVe Reich robotisé et éternel…

    Les deux premières aventures de l’Infinity 8 (Romance et macchabées et Retour vers le Führer) seront les seules à bénéficier d’une pré-publication en version fascicule souple format comics. Mais, au-delà de l’aspect “collector” de la chose, le plaisir jubilatoire de lecture justifie de se précipiter sur cette série dès à présent. Et l’attente du prochain numéro accentue encore l’excitation. Ainsi du “cliffhanger” à la fin du tome 5.

    Si la parution en album grand format rendra sans doute plus justice à la majesté de certaines planches – notamment la double page dévoilant la nature de l’amas d’artefacts – la version “pulp” permet déjà d’apprécier le soin apporté à la mise en scène de cet univers délirant (de la précision du dessin aux “bonus” proposés dans chaque fascicule ou aux magnifiques couvertures). Et, pour l’heure, les possibilités offertes par le “reboot” tonn shärien sont bien exploitées. Avec deux récits à l’ambiance assez différente, le premier glissant volontiers dans le gore et la bouillie organique, le second dans un “trash” plus idéologique, mais qui conservent les mêmes noeuds narratifs et s’insèrent bien dans l’univers global.
    Alors, partons vers l’infinity et au-delà dans ce grand huit spatial, aussi ludique que gratuit. Du vrai “pulp” fiction, donc.

    infinity-planche
    Le début de la “boucle temporelle” dessiné par Olivier Vatine.
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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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