Un oiseau de bon augure

    LE PERROQUET DES BATIGNOLES, t.1 : l’énigmatique monsieur Schmutz, de Stanislas, Tardi et Michel Boujut, ed.Dargaud, 56 pages, 13,50 euros.

    Quatorze ans après son passage sur les ondes de France Inter, le Perroquet des Batignoles reprend son envol, en bande dessinée désormais. La parution du premier tome du feuilleton radiophonique créé par Jacques Tardi et Michel Boujut, en ce mois de juin, devient d’autant plus émouvant alors que le romancier et critique de cinéma vient de décéder.

    Aucun hommage ou, pire encore, opportunisme là-dedans. Cela faisait une dizaine d’années que Tardi avait proposé à Stanislas d’adapter l’histoire en BD. L’album reprend donc fidèlement (enfin, autant que cela est possible pour une intrigue particulièrement loufoque) les péripéties de cette intrigue proliférante qui s’inscrit ouvertement dans l’esprit des serial ou de l’immortel Signé Furax de Pierre Dac et Francis Blanche.

    A Paris, “au début du XXIe siècle“, donc,  il est donc question de la mort d’une cantatrice – chauve, forcément – d’une malédiction liée à des boîtes à musique en forme de petits canards en or diffusant une mélodie des Frères Jacques. On croisera un meilleur sommelier de France, un navigateur solitaire, un faussaire génial, un papy cheminot à la retraite et anar. Et, surtout, on s’immergera au coeur de la Maison de la Radio – figure imposée du feuilleton – avec les atypiques héros de cette aventure, Oscar Moulinet, preneur de son à Radio France et sa compagne, Édith, présentatrice de la météo marine. A la fin de ce premier tome (d’une série prévue en quatre ou cinq albums), on aura compris  que les petites boîtes à musique  renferment des bandes magnétiques, avec chacune une partie d’un message qu’il s’agira de reconstituer pour percer le mystère et éviter de voir la liste des meurtres s’allonger.

    Volontiers parodique autant que fantaisiste, ne s’interdisant pas quelques privates jokes (Jean-Christophe Menu, fondateur de l’Association en client atrabilaire d’une librairie jetant un oeil dégoûté au – très bon – livre de Boujut et Tardi Un strapontin pour deux ; José Artur ou Jean-Luc Hees dans leurs propres rôles, etc), cet album se parcourt avec plaisir, que l’on apprécie ou pas trop la ligne claire de Stanislas. On retrouve en  tout ici la sensation d’urgence de l’écriture qui est l’essence du feuilleton. Et presque aussi l’ambiance sonore qui accompagnait le feuilleton sur France Inter.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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