Choc, les fantômes de Knightgrave, tome 1, Stéphane Colman (scénario), Eric Maltaite (dessin). Editions Dupuis, 88 pages, 16,50 euros, parution le 25 avril.

    C’est l’homme au masque de fer de la bande dessinée et l’un de ses meilleurs “méchants”. L’adversaire insaisissable et récurrent de Tif et Tondu se découvre – enfin – à travers ce one-shot (en deux volumes quand même).

    Tout (re)commence en 1955, en Grande-Bretagne, lorsque le mystérieux M.Choc achète le manoir de Knightgrave, près de Londres. Cette acquisition lui tient à coeur car, comme on le découvrira progressivement, elle est intimement lié à sa jeunesse et à la vie de ses parents. Un retour dans le passé qui ira jusqu’à la Première Guerre mondiale (et même près d’Amiens, pour une bataille de l’été 1918 où son père perdra son bras), moment de la rencontre improbable entre un “tommy” et une jeune française. De cette union, contrariée par la guerre, naîtra Eden…  Début d’une romance qui virera tragiquement, et sordidement. Ce mélange d’amour maternel, de brimades et de flagrantes injustices servira de creuset à la profonde volonté de vengeance qui fera naître le génie du mal. Et, s’il est nostalgique, celui-ci n’en n’oublie pas son rôle de maître du crime, profitant de sa présence à Londres pour monter un double coup magistral et sanglant…

    Même les pires criminels ont été des enfants innocents, c’est un peu le postulat de cet album qui dévoile et enrichit de belle manière la biographie de M.Choc, l’intriguant méchant au casque de chevalier. Si l’on pouvait craindre la basse opération marketing, surfant sur la mode vintage et la nostalgie des fans, il n’en n’est rien. Ou, plutôt, le résultat va bien au-delà. C’est une vraie histoire romanesque, d’enfance dense et tragique, que signe Stéphane Colman, avec une construction complexe, jonglant entre les flash-back, et des personnages bien campés. Loin du manichéisme gentillet de la série initiale, l’ambiance est ici bien plus sombre (un gamin soufflé par l’explosion d’une bombe en plein Londres, un viol, etc), mais elle en demeure un joli prolongement.
    Quant au dessin d’Eric Maltaite (qui n’est autre que le fils de Will), il se montre à la fois très fidèle à celui de son père et d’une grande générosité graphique. Au final, un joli hommage troublant, qui régénère incontestablement la série et lui fait honneur.

    A noter qu’Eric Maltaite sera en dédicace à Bulle en stock à Amiens, ce 2 mai.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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