Une peur qui ne laisse pas de glace

    La peur géante, tome 1: la révolte des océans, Denis Lapière (scénario), Mathieu Reynès (dessin), d’après Stefan Wul, éditions Ankama, 56 pages, 13,90 euros.

    2157, sur Terre, l’eau ne gèle plus à zéro degré mais à -6° en Méditerranée et même à -12° à New York ou – 16° à San Francisco. Les glaces du pôle se mettent donc vite à fondre, provoquant de gigantesques tsunamis et raz-de-marée. En vacances dans une cité balnéaire, où il retrouve son ami journaliste et catcheur Pol Nazaire, Bruno Daix, nageur de combat, va se retrouver au coeur du cyclone. Sauvant au passage une jeune chinoise, Kou-Sien-Tchei, spécialiste en langues anciennes, il se retrouve recruté dans une brigade spéciale destinée à sauver le monde. Car ces brusques changements climatologiques pourraient bien être le début d’une guerre, déclenchée par de mystérieuses créatures sous-marines…

    Quatrième incursion dans les “univers de Stefan Wul” (après Niourk, Piège sur Zarkass et Oms en série), cette Peur géante est la plus librement “adaptée” par rapport au roman initial. Au-delà des transpositions biographiques des héros, simplification nécessaire à cette intrigue ramassée (l’ingénieur Daix devient nageur de combat, le journaliste se fait aussi catcheur, la jolie chinoise, elle, quitte le journalisme pour la recherche linguistique, le directeur d’usine est d’entrée de jeu chef des services spéciaux), l’album évacue le contexte socio-politique qui, en 1957, faisait le sel et l’utopie du roman : l’Afrance, associant l’Hexagone, le Maghreb et une partie de l’Afrique noire dans une union autonome et prospère. Ici, le récit se concentre plus sur l’action et une plus classique “guerre des mondes” à la Aquablue. En revanche, Denis Lapière et Mathieu Reynès (le duo reconstitué de la super saga Alter ego) livrent, dans la première partie de cette première partie du diptyque, d’impressionnantes images de ras-de-marée ou de villes inondées. Et le mystère demeure sur certains aspects de cette guerre climatologique (où sont tous les habitants des villes ravagées ?). Dynamique et joliment mis en scène, cette Peur géante là assume donc bien son statut de série B remise au goût du jour. Et, par là même, retrouve l’esprit du roman “pulp” initial.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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