Une uchronie réaliste

    Jour J, tome 10. Le Gang Kennedy, Jean-Pierre Pécau, Fred Duval,  Fred Blanchard et Colin Wilson. Editions Delcourt, 64pages, 14,95 euros.

    Respectant scrupuleusement le principe de base de la série, nous voici de nouveau en pleine uchronie. Mais ici, c’est dans les années 1750-1760, avec la guerre de Sept ans que l’histoire a bifurquée. La guerre gagnée par la France a permis à celle-ci de consolider son empire colonial et, dans la foulée, les treize colonies anglaises sont devenues indépendantes alors que la Floride demeurait sous domination espagnole.

    C’est, en 1947, dans un continent morcelé que se déroule l’histoire du gang Kennedy. Le président Roosevelt vient de mourir, Charles Lindbergh vise sa succession, son principal adversaire est Joseph Kennedy qui, grâce à la prohibition, a fait fortune avec le trafic d’alcool et des liens très forts avec la maffia.

    Ses stocks d’alcool détruits par les hommes de Lindbergh, Kennedy envoie ses fils à la Nouvelle-Orléans afin qu’ils ramènent de quoi tenir jusqu’à l’élection présidentielle. Ce ne sera pas un voyage d’agrément…

    André Citroën, Al Capone, H.-G. Clouzot, Jacqueline Bouvier, Norma Jeane Baker, Adolf Hitler, Erich von Stroheim et d’autres s’incarnent dans les pages d’un album où le plausible et la fantaisie s’entrecroisent. L’aura qui constitue la base de la légende des Kennedy s’appuie essentiellement sur l’assassinat de Dallas, si l’on gratte le vernis des choses curieuses apparaissent. Lindbergh et Joe Kennedy étaient tous deux isolationnistes et favorables aux thèses du Reich. Kennedy magouilla également avec la mafia et trempa dans le trafic d’alcool.

    Alors, qu’elle version de l’histoire est la moins mauvaise ? Celle décrite dans cet ouvrage ou celle que vécurent nos parents ?  Quoi qu’il en soit, il faut saluer le travail de recherche effectué par les scénaristes pour nous restituer l’histoire qui aurait pu être.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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    • Pierre Corbeil

      Le point faible de la série Jour J est l’incohérence du contexte historique. Les auteurs tiennent plus à insérer le plus d’éléments cocasses et stupéfiants possible plutôt que de construire un monde historiquement cohérent. La logique d’une BD donne la priorité aux images sur le scénario, avec souvent des résultats désastreux, comme les Astérix post-Goscinny.
      On en voit pas, par exemple, pourquoi la capitale de la Nouvelle-France aurait été déménagé de Québec à la Nouvelle-Orléans. Québec accède directement à l’océan par le golfe, est une position fortifiée naturelle, et, surtout, a toutes les infrastructures d’une capitale. La NO a un climat très chaud, est assujettie aux inondations et a un port difficile d’entretien. Elle est aussi trop proche des Espagnols qui dans le scénario tiennent la Floride.
      Je vous propose de retrouver La Concession, uchronie d’une Amérique française (la République d’Amérique Septentrionale), livre électronique de chez éditions fpc (http://sites.google.com/site/editionsfpc/home), disponible dans les sites des bonnes librairies. Ce n’est PAS une BD !

    • Pierre Corbeil

      Le point faible de la série Jour J est l’incohérence du contexte historique. Les auteurs tiennent plus à insérer le plus d’éléments cocasses et stupéfiants possible plutôt que de construire un monde historiquement cohérent. La logique d’une BD donne la priorité aux images sur le scénario, avec souvent des résultats désastreux, comme les Astérix post-Goscinny.
      On en voit pas, par exemple, pourquoi la capitale de la Nouvelle-France aurait été déménagé de Québec à la Nouvelle-Orléans. Québec accède directement à l’océan par le golfe, est une position fortifiée naturelle, et, surtout, a toutes les infrastructures d’une capitale. La NO a un climat très chaud, est assujettie aux inondations et a un port difficile d’entretien. Elle est aussi trop proche des Espagnols qui dans le scénario tiennent la Floride.
      Je vous propose de retrouver La Concession, uchronie d’une Amérique française (la République d’Amérique Septentrionale), livre électronique de chez éditions fpc (http://sites.google.com/site/editionsfpc/home), disponible dans les sites des bonnes librairies. Ce n’est PAS une BD !

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