Vraiment du bon temps avec “Prométhée”

    La sortie du nouvel album de la série Prométhée, est une bonne occasion de revenir sur cette série aussi intrigante qu’alléchante de Christophe Bec. Et qui réussit l’exploit de nous accrocher depuis trois albums… tout en nous laissant dans un brouillard assez complet.

    Episode 1: la découverte

    Petit rappel, le premier album, Atlantis, sort en 2008. Il laisse son lecteur dans un brouillard total, mais donne sacrément envie de connaître la suite, avec ce coctkail réussi de mythologie et d’enjeux technologiques d’anticipation.

    Au fil de ces premières 48 pages, on aura assisté à une série d’événements planétaires aussi inexplicables qu’impressionnants : une navette spatiale qui disparaît en vol ; l’arrêt de toutes les horloges de la planète à 13h13 ; des navires engloutis, (dont le Titanic) qui ressurgissent intacts des flots ;  le crash simultané de milliers d’avions, etc.

    Avec une telle matière, il fallait un sacré talent pour ne pas larguer le lecteur. L’auteur de Sanctuaire n’en manque pas. Et cette oeuvre, par son ampleur et son style graphique – dessin hyper-réaliste et planches détaillées à l’extrême – fait déjà songer à UW1 de Bajram, référence en matière de BD de science-fiction.

    Episode 2 : la confirmation

    Il a fallu attendre moins d’un an pour pouvoir se jeter sur le second album de la série (prévue en six albums), Blue Beam Project.

    Les promesses esquissées par le premier tome, se confirment. Et, autre bonne nouvelle pour le lecteur toujours aussi perplexe, l’origine de la grande catastrophe planétaire de 13 h 13 semble aussi, en partie, se dévoiler : il pourrait bien s’agir d’un complot mondial à visée apocalyptique. À moins, comme dans X-Files que la vérité ne soit encore ailleurs…

    Moins axée sur la mythologie antique que le précédent, sans balades spatio-temporelles, ce deuxième épisode gagne encore en densité ce qu’il perd en mystère. Mais de très nombreuses interrogations demeurent, notamment sur la nature d’une étrange construction édifiée sur une île déserte ou l’un des héros, victime du crash, est tombé.

    Comme le récit est toujours aussi bien rythmé et somptueusement retranscrit graphiquement, c’est haletant et un peu frustré que l’on achève la dernière page…

    Episode 3 : rebond

    Après avoir penché vers la thèse complotiste, c’est de nouveau la piste extraterrestre qui tient la corde (piste lestée par quelques silhouettes entraperçues, entre Alien et Predators pour le look). Mais l’intrigue multipliant les fausses pistes, rien n’exclut un nouveau retournement dans le tome 4 (dont le titre annoncé, Mantique – soit l’art de la divination – semble indiquer un retour vers l’ésotérisme), d’autant que d’étranges miroirs – vers une autre dimension ? – font leur apparition en divers lieux. Bref, le mystère reste entier, le suspense total… et nous, toujours aussi pressés de connaître la suite.

    Seul bémol, on peut déplorer que Christophe Bec ait abandonné le dessin, repris par Alessandro Bocci (les deux auteurs ont oeuvré ensemble sur Fontainebleau), dans un style nettement en-dessous des deux précédents albums… et de la couverture, qui reste elle de toute beauté.

    Mais, élément essentiel, Prométhée maintient pour l’instant toutes ses promesses d’accoucher d’une série majeure de SF.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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