Amiens, deuxième journée du festival

    Retour sur la deuxième journée des 21e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

    Deuxième journée de festival et, même s’il a donc plutôt bien surnagé – avec même quelques rayons de soleil dans l’après-midi, du côté de la météo, les perturbations sociales ont, elles, bouleversé un peu le programme, contraignant des auteurs à quitter Amiens plus tôt que prévu.

    C’est ainsi que certaines séances de dédicaces ont dû être écourtées et que la visite de l’expo Cape et de crocs avec leurs deux auteurs, Jean-Luc Masbou et Alain Ayroles a été annulée. Dans ce dernier cas, néanmoins, le travail méticuleux des concepteurs de l’expo, avec de nombreux panneaux explicatifs fouillés, parsemés d’extraits d’entretien avec les auteurs a pu pallier à cette absence.

    Jeff Smith, la Bone rencontre

    D’autres temps forts, en revanche, ont pu se dérouler normalement. Ainsi de la rencontre avec Jeff Smith, le créateur de Bone, animé et traduit par Justin Wadlow, membre de l’association du festival à qui l’on doit justement la venue d’auteurs américains ces dernières années. Rencontre décontractée qui a permis de revenir sur la genèse et les péripéties de cette saga-monde. Des galères de l’auto-production jusqu’à la reconnaissance mondiale… Malgré son “statut” international, l’Américain s’est montré d’une grande gentillesse et est demeuré très abordable (c’est aussi pour cela que l’on peut apprécier la bande dessinée, revers positif de l’absence de reconnaissance culturelle institutionnelle de ses artistes).

    Miguelanxo Prado pour finir en beauté

    Secon moment d’échanges très agréable, pour finir en beauté le festival 2016, la visite-rencontre avec Miguelanxo Prado. Là encore, ce fut l’occasion de balayer toute la carrière du dessinateur espagnol, de ces tous débuts dans la “hard SF” au style élégamment réaliste (Fragments d’une encyclopédie des dauphins), en passant par Stratos, son anticipation sociale quasi-prophétique (sur les décolisations ou les krachs financiers) et l’émancipation du style vers une approche plus personnelle et caricaturale ; style qui éclatera avec les albums suivants dans les Chroniques absurdes et son Quotidien délirant, avec ces personnages au style cubiste et leur environnement déglingué. Suivra un nouveau basculement, marqué par Trait de craie, qui apportera la reconnaissance internationale à son auteur et un traitement quasi pictural de la couleur directe, procédé qu’il poursuit encore aujourd’hui avec le récent Ardalèn et son prochain album à venir (l’an prochain chez Rue de Sèvres).
    Surtout, avec simplicité et humour, Prado s’est prêté aux évocations de sa carrière et à l’explication sur son travail.

    Toujours des surprises

    Au fil des stands, diverses surprises attendaient aussi le visiteur. Dans l’espace fanzine, le Bruxellois Christophe Boyd démontrait ainsi une surprenante capacité à dessiner… des deux mains à la fois ! Des “portraits ambidextres” qui ont obtenu un certain succès.
    Dans un autre registre, les étudiants du Diplôme universitaire de bande dessinée de l’Université de Picardie ont présenté leur nouvelle revue annuelle : La niche du Déhu. Avec un joli dessin de “Lafleur” en couverture, elle aussi, a attiré les regards. En parallèle, quelques étudiants qui viennent d’achever leur promotion proposaient des Carnets de la Hutte de très bonne facture (on reviendra plus spécifiquement prochainement sur ces deux réalisations).
    Toujours en matière de créativité locale, ce festival a été l’occasion du lancement de l’opération PPC, alias Pierre, papier, chicon, une “revue dessinée à la picarde”. Un projet porté par David François (dessinateur d’Un homme de joie) et David Périmony qui mérite, lui aussi qu’on y revienne plus en détails.

    Bref, malgré quelques bourrasques, le festival a tenu son cap. Avec une offre plutôt bien partagée entre les dédicaces, des coups de projecteurs sur des auteurs majeurs (Prado, Smith), des rencontres et beaucoup d’animations (voire de spectacles vivants cette année) de nature à dépasser le seul rapport individuel à l’album par une vraie expérience partagée.

    Quelques images de cette seconde journée, pour conclure…

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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