Pixar majeur au Musée d’art ludique

    Le Musée d’art ludique, dédié à l’art contemporain issu de l’entertainment, vient d’ouvrir ses portes à Paris. Avec la superbe exposition “Pixar 25 ans d’animation”.

    Un dessin animé, c’est d’abord des dessins (et cela vaut aussi pour le cinéma d’animation numérique), beaucoup de dessins, sous forme d’esquisses, de design character des personnages, de storyboards ou de colorscripts. Ce constat, en forme d’évidence souvent oubliée, est au coeur de la belle exposition Pixar, 25 ans d’animation qui vient de débuter dans le tout nouveau Musée d’art ludique à Paris.

    Cela fait donc deux bonnes raisons d’aller faire un tour du côté de la gare d’Austerlitz, à deux pas de la très grande bibliothèque de la BNF. Conçue donc en étroite collaboration avec les responsables du studio qui a révolutionné le monde de l’animation ces dernières années et a imposé ses nouveaux standards au géant poussif Disney, cette exposition a parcouru le monde, depuis son inauguration en 2006 au MOMA de New York. Enrichie de créations originales des films Pixar sortis depuis, elle est visible jusqu’à début mars 2014, avec plus de 500 oeuvres originales de tous les genres: crayonnés, gouaches, fusains, aquarelles, peintures numériques, esquisses traditionnelles, etc. De quoi découvrir des styles graphiques très différents et faire le lien entre 7e et 9e art.

    Démonstration, déjà, avec cette petite galerie d’images, histoire de se mettre dans l’ambiance…

     

    L’ensemble est orchestré en trois grandes parties, mêlant les différents films du studio, de 1001 Pattes à Cars, en passant par Nemo, Wall-E ou les Indestructibles : “story”, avec la mise en avant des scénarios, “characters”, autour du design des personnages et “univers” pour la création des décors et ambiances.

    Loin de la démonstration high-tech à l’esbrouffe, cette exposition est, au contraire, d’une efficace sobriété muséale. Les dessins et tableaux s’alignent sur les murs gris taupe ou mauve profond, valorisant l’oeuvre, uniquement accompagnée d’une petite fiche d’identité, comme dans n’importe quel autre musée pictural. L’espace central, dépouillé, est, lui, occupé par de nombreuses statuettes en résine (ayant servi sans doute pour les modélisations 3-D).

    Les seules extrapolations “ludiques” et technologiques se trouvent en toute fin de parcours. Et elles sont également de grande qualité. Tout d’abord un zoetrope Toy Story (manège géant sous lumière stroboscopique recréant le mouvement) inspiré de celui du parc Ghibli au japon, puis un “artscape”, film d’animation panoramique recréant la magie certaines des oeuvres précédemment exposées. Ce contenu artistique est accompagné d’une borne multimédia permettant d’écouter et d’avoir de nombreuses explications sur le travail de studio, sous forme de multiples petites vidéos.

    Une jolie immersion dans l’univers Pixar qui permet, à la fois, de restituer une existence artistique quasi autonome aux oeuvres accrochées et, quand même, de donner une folle envie d’aller revoir les films. Une double réussite, donc, et une belle carte de visite pour le lancement d’un nouveau lieu qui donne de grandes espérances pour la suite.

    Jean-Jacques Launier, à l'initiative du Musée d'art ludique.

    Pixar, 25 ans d’animation, reflète en tout cas parfaitement le parti-pris de ce nouveau lieu d’exposition de la “culture populaire”, qui vise à mettre en valeur des “créateurs d’univers qui marquent notre univers et influencent la culture de notre siècle“. Porté par Jean-Jacques et Diane Launier, fondateurs de la galerie Arludik, ce musée privé d’Art ludique ambitionne d’accueillir, après Pixar, trois expositions temporaires par an, ainsi qu’une collection permanente proposant un parcours d’artistes figuratifs narratifs depuis les précurseurs du XIXe siècle jusqu’aux artistes contemporains de la bande dessinée, des mangas, du cinéma ou du jeu vidéo. Une collection qui, elle même sera évolutive, au gré du prêt d’oeuvres par les artistes ou les studios. Prochainement, on pourra donc retrouver ici les univers de Paul Grimault, Joann Sfar ou Osamu Tezuka.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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