Les Vestiaires de Timothée Le Boucher s’ouvrent à nouveau

     Dans les vestiaires, Timothé Le Boucher. Editions La Boîte à Bulles, 128 pages, 20 euros.

    Paru pour la première fois en mai 2014 aux éditions La Boîte à Bulles, Les Vestiaires ressort avec un titre plus explicite et une nouvelle couverture.

    Dans les vestiaires – ainsi retitré – nous plonge dans l’intimité d’un groupe de collégiens qui découvrent leurs nouveaux vestiaires, avec douches collectives, où ils pourront se changer avant d’aller en cours de sport.

    On fait connaissance avec Hugo, Corentin, Karim, Bastien, Gauthier et les autres. Des ados comme les autres obnubilés par les filles (tous les moyens sont bons pour les espionner), la sexualité et les délires en tout genre. Des délires qui peuvent souvent être très malsains, comme l’expérimente Corentin, souffre-douleur du groupe moqué pour son surpoids.

    Livrés à eux-mêmes dans cet endroit clos, dépourvu de toute figure d’autorité malgré les rares interventions de leur professeur, les collégiens créent au fil de l’année scolaire leurs propres règles, leur propre micro-société. Un univers où les instincts primaires s’expriment à l’état brut et où la moindre faiblesse est exploitée avec cruauté. Il arrive même que le bourreau devienne victime…

    Aujourd’hui encore, cette bande dessinée constitue un témoignage poignant sur la puberté et les vicissitudes de l’adolescence. Timothé Le Boucher explore aussi les thèmes du harcèlement scolaire, véritable fléau social, à travers un huis-clos oppressant et bien souvent dérangeant, renvoyant parfois au roman de William Golding Sa Majesté des mouches.

    Jeune auteur méconnu avant que son talent n’éclate au grand jour avec Ces jours qui disparaissent et Le Patient (chez Glénat), Timothé Le Boucher livre un récit haletant avec un cliffhanger inattendu qui est, depuis, devenu sa marque de fabrique.

    Si son dessin (de l’époque) à la ligne claire peut sembler un peu fragile, voire tremblotant par moments, on s’y fait assez rapidement. La bande dessinée se dévore même d’une traite, à la manière d’un documentaire. Six ans après sa parution, force est de constater que ces Vestiaires n’ont pas pris une ride.

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