L’histoire du hip-hop racontée par un Amiénois

     Break, une histoire du hip-hop, Florian Ledoux et Cédric Liano (scénario et dessin). Éditions Steinkis, 142 pages, 19 euros.

    Fans de rap américain, Florian Ledoux (Amiénois connu pour avoir évolué au sein du club de basket de Longueau) et Cédric Liano rêvaient de créer leur propre bande dessinée. C’est chose faite depuis le 12 juin. Leur roman graphique Break, une histoire du hip-hop est édité par Steinkis, plutôt spécialisée dans les thèmes des relations entre les peuples, les cultures, les civilisations et les questions d’identité et d’appartenance. « Notre projet était déjà très bien avancé quand nous l’avons présenté à Steinkis qui nous a laissé carte blanche  », se félicite Florian Ledoux.

    Break est la première bande dessinée française qui traite de l’histoire du hip-hop. Elle renvoie, dans la même veine, à l’incontournable Hip-hop family tree d’Ed Piskor, une compilation de portraits de DJs, de rappeurs ou de graffeurs de légende. Ici, on suit le parcours de deux frères Noirs, Marcus et son cadet Aaron, qui grandissent dans le Bronx, à New York. À travers leurs yeux, on assiste à la naissance du hip-hop, du graff et des battles de breakdance, une discipline qui deviendra olympique en 2024 à Paris. Comme dans Hip-hop family tree, on fait connaissance avec les pionniers du rap : Grand-Master Flash, Afrika Bambaataa, DJ Breakout ou encore Kool Herc, considéré comme le premier DJ après avoir inventé une technique de mix, le « Merry-go-round ». L’histoire débute donc dans les années 70, dans les quartiers chauds de New York, gangrenés par les gangs, la drogue et la violence.

    Dans une ville (et un pays) où les Noirs sont bien trop souvent considérés comme des citoyens de seconde zone. Assez bien retranscrite, cette dimension sociale est omniprésente dans Break, qui se veut aussi une plongée dans l’histoire de la lutte des Afro-Américains pour leurs droits civiques.

    Mais comme le souligne Florian Ledoux, « notre bande dessinée ne s’adresse pas forcément aux puristes, c’est plutôt grand public. Aujourd’hui, c’est la culture numéro 1 chez les jeunes qui en écoutent, qui en parlent, qui ont leurs propres codes vestimentaires. On a voulu montrer d’où venait le hip-hop et surtout comment des jeunes du Bronx, qui n’avaient rien, sont parvenus à s’en sortir en créant quelque chose de mondialement connu et puissant. »

    De nombreuses planches s’inspirent de faits réels comme ce fameux black-out, le 13 juillet 1977, qui entraîna le pillage de magasins de hi-fi et d’électronique. Beaucoup d’observateurs estiment que si ce fait divers avait eu lieu en pleine journée, le pillage aurait probablement été évité, et le hip-hop aurait alors peut-être suivi une voie différente… « On s’est beaucoup documentés en s’inspirant énormément du livre de Jeff Chang, Can’t stop w’ont stop », confie Florien Ledoux. L’album est agrémenté d’un glossaire facilitant la compréhension des expressions américaines propres au hip-hop et à son univers. On y trouve aussi une bibliographie utile et évidemment une playlist référence (James Brown, Sugarhill Gang, Afrika Bambaataa…).

    Les deux auteurs ont travaillé à quatre mains pour le scénario et le dessin, souvent la nuit. Le résultat est assez réussi avec un style semi-réaliste, aux effets parfois japonisants. « Il y a de tout dans cette bande dessinée : des inspirations franco-belges, mangas et même comics ! », s’amuse Florian Ledoux, qui travaille dans l’animation.

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