Ludovic Rio bien entré dans la boucle

    Avec Aiôn, l’Amiénois Ludovic Rio fait une entrée remarquée dans la bande dessinée de science-fiction. D’où l’envie d’en savoir plus. Rencontre.

    Ludovic Rio, auteur de bande dessinée amienois. Auteur d’Aiôn (ed.Dargaud), ancien du Téléscope, graphiste au journal “Fakir”.

    Un nouvel auteur de bande dessinée émerge du vivier amiénois. Où, plus exactement, un auteur amiénois de plus arrive au catalogue d’un grand éditeur. Connu jusqu’ici pour son travail de BD-Reportage pour le site d’info locale Le Téléscope (après quelques albums expérimentaux aux éditions Polystyrène), Ludovic Rio vient de publier Aiôn aux éditions Dargaud. Album de science-fiction à la fois intimiste et ambitieux promu, qui plus est, comme le premier d’une série de « visions du futur » appelé à se développer à la rentrée.

    S’agissant du récit, on savait déjà depuis Alien (auquel Aiôn fait un clin d’œil introductif) que dans l’espace personne ne vous entend crier. On peut aussi ne pas voir le temps passer. C’est ce qui arrive à l’héroïne, jeune capitaine de vaisseau spatial, sortie de sa stase léthargique suite à un appel de détresse envoyé depuis la fameuse planète Aiôn et prise au piège d’une expérience temporelle particulièrement déstabilisante… Et une expérience de lecture à l’inverse très réjouissante pour le lecteur, avec un album qui peut être relu avec un plaisir grandissant. À l’image de la boucle répétitive au cœur de l’intrigue. De quoi vouloir en savoir plus sur ce projet avec son auteur.

    « J’aborde la bande dessinée comme quelque chose d’accessible mais qui permet aussi des expérimentations » 

    Ludovic Rio, vous portiez ce projet depuis longtemps ?

    À la base, j’avais une idée de bande dessinée animée sur internet, de «turbo-BD» avec des Gif. Il me fallait un scénario en lien avec cette idée d’images répétitives en Gif, d’où la boucle temporelle. Mais il ne s’agissait que d’une petite nouvelle d’une vingtaine de pages que je n’ai jamais finie.

    Comment en êtes-vous parvenu à vous faire éditer par Dargaud ?

    Comme ce scénario me trottait quand même en tête, je l’ai retravaillé dans une version plus conséquente et j’ai envoyé mon dossier à plusieurs éditeurs, comme on fait dans ces cas-là… Et Dargaud m’a contacté. Lors des premiers contacts avec eux, je me suis rendu compte que c’étaient des gens qui aimaient vraiment le livre. Dans la BD indépendante d’où je viens, les gros éditeurs ne sont pas forcément bien considérés. Là, j’ai été agréablement surpris de l’investissement et des remarques qui m’ont été faites.

    Sur quoi portaient ces changements ?

    Au départ, j’étais parti sur un format à l’italienne, sur une centaine de pages. Mon éditeur, François Le Bescond, m’a proposé de travailler plutôt sur un format classique et avec une pagination plus conséquente, dans un esprit graphic novel, au vu du format prévu de l’album.

    Le cœur de votre récit porte sur l’idée de paradoxe temporel, mais appréhendé de façon plutôt originale et intime, avec deux personnages essentiellement…

    Oui, il n’y a que quatre personnages en tout dans l’album. C’est un huis clos que j’ai voulu travailler à la fois dans l’expérimentation d’auteur mais aussi avec une approche assez grand public. C’est comme cela en tout cas que l’éditeur l’a perçu. Et cela me va bien, car j’aborde la bande dessinée comme quelque chose d’accessible mais qui permet aussi des expérimentations. Dans Aiôn, il y a aussi des questionnements politiques, écologiques. Cela m’intéressait d’avoir aussi un personnage féminin assez fouillé et fort. En BD comme au ciné, ce sont les œuvres à différents niveaux de lecture qui m’intéressent le plus.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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