Le chien de la voisine et le retour du chien de la voisine, , 120 pages, 15 euros.

    Dans une zone pavillonnaire d’une ville indéterminée, un chien sème la terreur parmi le voisinage. Un petit chien laissé en liberté par sa propriétaire – la séduisante Mlle Nowhere – mord les enfants et terrorise les adultes. Une psychose s’installe autour du « chien de la voisine » – aux faux airs de Snoopy, pouvant disserter du dernier film à la mode avec sa maîtresse mais aboyant comme un brave toutou quand il est en public – qui devient un véritable loup blanc dans le quartier.

    Le voisin de Mlle Nowhere, un père de famille, s’ennuyant dans son couple et excédé par son fils, d’abord énervé se sent vite attiré par cette belle brune aux allures de femme fatale, devenue l’objet de tous ses fantasmes. Le chien passe très vite au second plan jusqu’au jour où un événement tragique survient ce qui va bouleverser beaucoup de choses dans sa vie routinière…

    Avec son dessin enfantin et naïf, en noir et blanc, Sébastien Lumineau prend le lecteur à rebrousse-poil avec cette fable post-moderne et fantasmagorique, parcourue par une tension dramatique jusqu’au dénouement.

    Le découpage en historiettes, initialement parues chez Les Taupes de l’Espace en 2002, avec un rebondissement toutes les deux-trois pages, scande le récit assez proche des strips de presse (on pense à Calvin et Hobbes, notamment). Malgré son titre, Le chien de la voisine et le retour du chien de la voisine évoque finalement peu l’histoire d’un chien mais plonge dans celle de ces zones pavillonnaires, où vivent dans des petites maisons avec jardin les familles dites nucléaires (couple avec un ou deux enfants) avec bien souvent un animal de compagnie.

    On peut y voir un tableau à l’envers d’une vieille série bande dessinée enfantine où le héros était déjà un chien (Bill) vivant avec son fidèle compagnon (Boule). Mais si à l’époque, la classe moyenne était le symbole d’une société de consommation de masse en pleine expansion, aujourd’hui elle fait plus penser à celle désenchantée du film American Beauty ou de la série Desperate Housewives, rattrapée par la crise et l’absurdité de l’existence.

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    • Journaliste depuis près de 20 ans, dans différents titres de la presse locale, tombé dans la marmite des bulles, quand il était petit, en découvrant Snoopy puis les aventures d'un naufragé du A, des Tuniques bleues ou encore d'un Gentilhomme de fortune accompagné d'un célèbre révolutionnaire russe. Toujours passionné de BD, a collaboré à l'éphémère magazine BachiBouzouk, écrit un mémoire sur "L'Association" en 1999 sous la direction de Pierre Christin (IUT de journalisme de Bordeaux) puis aujourd'hui chroniqueur à Bulles Picardes.

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