Philippine Lomar, du Cameroun à Amiens

    Philippine Lomar, tome 5: un vilain – des faux, Dominique Zay (scénario), Greg Blondin (dessin). Editions de la Gouttière, 48 pages, 12,70 euros.

    On avait laissée Philippine Lomar en pleine angoisse, à la fin du précédent tome, suite au malaise de sa mère lors d’un séjour au Portugal. Sur ce plan, les choses se sont vite arrangées. Rapatriée à Paris, la malade souffrait en fait d’une inflammation des glandes surénales, comme le précise le médecin (… aux faux airs de Dominique Zay, le scénariste).

    Seule pendant l’hospitalisation de sa mère, et sous la vigilance de son ami Gégé, Philippine ne va par contre pas tarder à être mise sur une nouvelle enquête. Dans le train qui la ramène à Amiens, elle tombe sur une jeune fille camerounaise, en situation irrégulière et partie à la recherche de son grand frère qui s’est rendu dans la capitale picarde et dont elle n’a plus de nouvelles.

    Comme à son habitude, Philippine se lancer sur la piste de cette disparition. Elle va découvrir un bien méchant et bien-nommé M. Levilain, qui exploite les sans-papiers dans ses ateliers de travail clandestin. Et elle devra compter sur ses amis, dont l’inspectrice de police Héléna Nemo pour se tirer d’un mauvais pas.

    Dominique Zay et Greg Blondin poursuivent à un rythme soutenu les aventures de leur jeune héroïne (le scénariste a même déjà deux autres albums dans la manche et le dessinateur présente, en fin d’ouvrage quelques croquis du prochain, où il sera question d’un cambrioleur de haut vol, le “Fakir” et, semble-t-il, du stade de foot de la Licorne !). A raison d’une sortie annuelle.

    la mairie d’Amiens dessinée par Greg Blondin

    Ce cinquième tome pouvait être d’autant plus attendu que le précédent, pour la première fois se terminait sur un petit “cliffhanger”. Vite conclu ici, il sert surtout de prétexte à replacer Philippine en solo dans sa ville d’Amiens. Celle-ci se retrouve de nouveau confronté à un problème d’actualité : les sans-papiers et le travail clandestin. Un sujet, et même deux sujets, plutôt lourds, mais traités dans une approche simple et adaptée à un lectorat jeunesse.

    Et Dominique Zay s’extraie aussi de la noirceur du sujet pour aborder la richesse culturelle camerounaise à travers une séquence finale un brin onirique. Une légèreté que l’on retrouve aussi dans une autre belle petite séquence planante, offrant la possibilité à Greg Blondin de dessiner une jolie vue aérienne d’Amiens. Une fantaisie et une petite note de poésie déjà présente sur les quais de la gare du Nord et qui illustre l’émancipation grandissante de l’héroïne et de la série.

    Pour le reste, comme dans les précédents albums, la ville d’Amiens se découvre encore au fil des pages, de la gare SNCF de Longueau à l’Hôtel de ville d’Amiens, de l’hippodrome à la Maison de la culture. Un vrai “plus” pour les lecteurs régionaux, mais aussi une belle vitrine régionale, sans régionalisme… A l’image de la couverture, très réussie, qui fait, elle aussi le lien entre le local et l’universel.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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