Premier tir réussi pour les Artilleuses

     Les Artilleuses, tome 1: le vol de la Sigillaire, Pierre Pevel (scénario), Etienne Willem (dessin). Editions Drakoo / Bamboo, 48 pages, 14,50 euros (version “luxe”, 56 pages avec cahier graphique, 18,90 euros).

    Paris, la Belle Epoque… ou presque. Puisque dans ce “Paris des merveilles” vivent aussi des fées, des gnomes et peut-être même des dragons, la Tour Eiffel est en bois et les Champs-Elysées bordés d’arbres lumineux. C’est dans cette ambiance étrange, mais devenue banale pour ses habitants, que sévissent les Artilleuses: la distinguée Lady Remington, aristocrate anglaise experte également en magie, mais aussi Miss Winchester, tireuse d’élite américaine et enfin la petite française du lot (également fée de son état), Mam’zelle Gatling, adepte de la dynamite.

    Le braquage explosif de la Banque Paris Brocéliande et le vol d’une étrange bague – la Sigillaire – va les entraîner dans une très dangereuse situation, poursuivies à la fois par les Brigades du Tigre et l’inspecteur Truchard mais aussi par les services secrets allemands du terrible colonel Eckermann.

    Au prime abord, cette aventure débridée dans un Paris décalé du début du XXe siècle fait un peu songer aux Spectaculaires de Régis Hautière et Arnaud Poitevin. Mais, cultivant fantasy et fantaisie ainsi que l’hybridation des genres entre le polar rétro et le fantastique, cette nouvelle série de l’univers Drakoo s’inscrit en fait comme une déclinaison du cycle de romans de Pierre Pevel, Le Paris des Merveilles (ed. Bragelonne).

    Ceci étant dit, Les Artilleuses peuvent se lire séparément. Et, pour l’heure, l’histoire part sur les chapeaux de roue. La part fantastique du récit – magie et créatures – sert plutôt d’adjuvant au récit, qui vaut surtout pour la description de ses pétulantes héroïnes et son univers coloré et dynamique, bien servi par le dessin semi-réaliste enlevé d’Etienne Willem, qui offre quelques morceaux de bravoure, comme l’attaque du trio de braqueuses, qui n’a rien à envier à l’anéantissement de la bande à Bonnot.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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