Pandora, Casterman passé en revue

    Une nouvelle revue de bande dessinée, ça se fête. Surtout quand elle réunit, comme Pandora, des grands noms du 9e art.

    Pandora_couvPandora est dans la mythologie grecque la première femme de l’humanité. Elle est aussi, dans l’univers du 9e art, une jeune femme qui ne laissait pas Corto Maltese indifférent dans la Ballade de la mer salée. Pandora est désormais également une revue de bande dessinée, plus proche du “mook” que du magazine, lancée par les éditions Casterman.
    L’initiative vise, comme l’explique Benoît Mouchart, son rédacteur en chef, à combler le vide d’une revue qui “permette d’explorer des formes nouvelles, non pas seulement pour les auteurs en devenir mais aussi pour les artistes confirmés ; un support qui reste accessible à la lecture d’un public non non bédéphile mais curieux de dessins et d’histoires : un support qui permette de nourrir d’un souffle nouveau le segment du divertissement“.

    De fait, ce n°1 affiche un sommaire prestigieux, avec des auteurs plus que confirmés (d’Art Spiegelman à Blutch, de Mattoti à Otomo, de Jean-Christophe Menu à Loustal) mais aussi des plus jeunes auteurs (comme Florence Dupré la Tour) et une ouverture vers des contrées plus méconnues du 9e art comme la Finlande…

    Pas de chroniques ou de théorisation sur la bande dessinée, ici. La trentaine d’histoires courtes se suivent, uniquement précédées d’une très courte présentation de son auteur. Pas de réelle thématiques non plus. Chacun y va de son inspiration et de son univers. Avec, forcément, plus ou moins de réussite et une réception qui variera selon le lecteur.

    Pour ma part, j’ai été plus particulièrement séduit par Rossi (qui avec Géraldine Bindi propose une superbe évocation d’Hélène de Troie), Blutch (qui revisite respectueusement une planche de Michel Vaillant, de Tintin ou de Blake et Mortimer), Götting (qui propose, en version courte, un nouveau “vrai-faux” roman noir avec un gros malentendu comme dans Waterfront), mais aussi la vision anthropologique de la préhistoire par Florence Dupré la Tour, l’éveil à la sexualité d’un adolescent conté par Jean-Louis Tripp, un touchant petit récit italien d’Alfred, une émouvante évocation d’un mari pour sa femme disparue (en deux planches de crayonnés) par Brecht Evens ou le conte sur l’amour marital de Ville Ranta. Sans oublier le dernier récit, de Bastien Vivès (à qui l’on doit aussi le dessin de couverture) tout en glissements subtils vers le sordide.

    264 pages de “pure fiction” donc, pour 18 euros et à un rythme semestriel. Ce qui laissera le temps de se replonger à plusieurs reprises dans ces histoires qui tiennent bien à la relecture.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    • melchisedech

      Certes.
      Certes, mais.
      mais certes que d’ambition affichée en Édito pour une ligne Éditorial si absente dans cette revue qui si elle n’en manque pas, d’ambition, manque profondément d’humilité et de profondeur.
      La sensation d’un gros pot de confiture de Renommées bien étalé sur une mince tranche de pain éditorial.
      Au final, regretter (À suivre).

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