Ramirez, aspiratueur à gages

    Il faut flinguer Ramirez, t.1, Nicolas Pétrimaux. Editions Glénat, 144 pages, 19,95 euros.

    Et si le pire tueur des cartels mexicains se camouflait en réparateur d’aspirateur en Arizona ? Le “pitch” intrigant et volontairement loufoque commence à être bien connu depuis quelques semaines. Il faut dire que les éditions Glénat ont mis le paquet sur cette série et que ce premier album a reçu un accueil critique plus que positif. Et pas immérité.

    Jacques Ramirez, donc, est le réparateur expert de la Robotop, entreprise d’électroménager de Falcon City (Arizona), sur le point de sortir un nouveau modèle révolutionnaire. Discret – il est muet – et serviable, Ramirez est estimé de tous sauf de son petit chef, Sanchez, qui le jalouse et lui impose toutes les corvées, notamment celle de vérifier le fonctionnement de la nouvelle merveille maison, le “Vacuumizer 2000”. Mais voilà que deux truands mexicains de passage croient reconnaître en lui un ancien tueur à gages en froid avec leur patron. Une ressemblance (ou une révélation) qui va déclencher une réaction en chaîne dévastatrice et meurtrière dans la petite ville américaine. D’autant qu’y sévit déjà un duo de braqueuses aguichantes à la Thelma et Louise, Dakota Smith et Chelsea Tyler… que l’impassible Ramirez va aussi croiser sur son chemin.

    Pour un premier récit en solo, c’est un carton plein que réalise Nicolas Pétrimaux (venu de l’univers du jeu vidéo et ayant déjà réalisé le premier tome de la série Zombies Nechronologies). Le récit est mené sans temps mort, tout en maintenant un habile suspense sur la nature réelle de son anti-héros. Le dessin, réaliste, est joliment enlevé et colorisé avec des nuances franches et lumineuses. Autour du héros s’ébat une galerie de personnages hauts en couleur, avec ce duo de braqueuses, ce parrain mexicain qui n’hésite pas à flinguer son prof de tennis qui ne voulait pas échanger quelques balles avec lui ou les collègues de bureau de Ramirez. Et ce thriller, hommage aux films d’action des années 80 et au cinéma de Tarantino, distille également un humour au second degré particulièrement réjouissant, qui va se nicher notamment dans les fausses pages de pub qui parsèment l’album, à la manière des coupures pub dans les séries télé.
    Avec ça, ce premier tome peut aspirer légitimement à être une des lectures délassantes de l’été. En attendant de savoir s’il faut vraiment flinguer Ramirez.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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