Runberg et Park entrent dans le Cercle noir de Conan

     Conan le Cimmérien, Le Peuple du cercle noir, Sylvain Runberg (scénario), Park Jae Kwang (dessin), Ooshima Hiroyuki (couleurs). D’après l’œuvre de Robert E. Howard. Editions Glénat, 80 pages, 14,95 euros.

    Après La Reine de la côte noireLe Colosse noir, Au-delà de la rivière noire, La Fille du géant du gel, La Citadelle écarlate, Chimères de fer, dans la clarté et Les Clous rouges, les éditions Glénat continuent de nourrir la collection dirigée par Patrice Louinet et Jean-David Morvan spécialement dédiée à Conan le barbare. De nombreux auteurs ont déjà été mis contribution à l’image de l’Amiénois Régis Hautière, d’Olivier Vatine, de Virginie Augustin, Etienne Le Roux, Robin Recht, Mathieu Cabella ou encore Anthony Jean.

    Pour l’adaptation du Peuple du cercle noir, l’une des nouvelles les plus longues de Robert E. Howard, la mission a cette fois été confiée à Sylvain Runberg au scénario et à Park Jae Kwang au dessin (aidé à la couleur par le mangaka Ooshima Hiroyuki connu en France pour ses multiples collaborations avec Morvan).

    Le premier a écrit plus de soixante-dix albums allant du polar à la science-fiction en passant par le fantastique (Millenium, Le Règne, On Mars, Zaroff, Cases blanches, Infiltrés). Pour la maison d’édition Glénat, il a publié les séries Konungar et l’Ombre des Shinobis avant de s’atteler à Sonor, Kennedy, Sukeban Turbo, Le Chant des runes où, tout récemment la nouvelle série Dominants. Il a également lancé les Chroniques d’Under York dans la collection Young adult « Log-In ».

    Le second fait partie de la nouvelle vague des jeunes auteurs asiatiques. Membre du studio coréen SuperAni qui excelle dans le style manhwa, il a été formé par le génial Kim Jung-Gi (SpyGames, SketchBook, Mc Curry, NYC 9/11). Il s’est distingué en publiant Comme un saumon, un récit inspiré de l’histoire touchante de sa grand-mère qui a grandi dans une Corée occupée par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale.

    Le duo fait des étincelles dans ce huitième album très réussi bien qu’un peu plus long que les précédents. Il faut dire que le récit est beaucoup plus complexe que ceux imaginés dans les premières nouvelles de Robert E. Howard. Le contexte géopolitique est plus fouillé, parfois alambiqué au fil de la lecture mais le final vaut assurément le détour. L’aventure du Cimmérien est de nouveau empreinte de combats épiques, de sorcellerie et de complots dans une ambiance mystique et étouffante.

    Conan campe un chef de tribu afghuli des déserts. On le retrouve, lui et ses hommes en pleine guerre contre le royaume de Vendhya. Un riche territoire convoité depuis la mort du roi, terrassé par les sortilèges des prophètes noirs du cercle noir dirigés par le maléfique et insaisissable Ymsha. La sœur du souverain, Yasmina, décide de le venger. Pour arriver à ses fins, elle tente d’utiliser Conan en kidnappant sept de ses hommes afin de le contraindre à lui obéir. Sauf que le Cimmérien n’est pas du genre à se laisser mener par le bout du nez ou plutôt de l’épée…

    Les fans du barbare ne devraient donc pas être déçus par cette nouvelle aventure qui se déroule, une fois n’est pas coutume, aux confins du monde hyborien imaginé par Howard. Les paysages désertiques et montagneux, le nom des lieux et des personnages, ainsi que les différentes tenues renvoient à l’orient et ses mystères.

    On comprend d’ailleurs en lisant l’éclairante postface de Patrice Louinet (LE spécialiste français de l’œuvre d’Howard) pourquoi Howard est si fasciné et influencé par ces contrées lointaines lui qui a travaillé sur le personnage El Borak dans des aventures se situant en Afghanistan ou en Inde. On notera la force et le charisme des deux principaux personnages féminins (Yasmina et Gitara) qui, une fois n’est pas coutume dans les aventures de Conan, sont loin d’être reléguées au rang de faire-valoir ou de tentation sexuelle. Comme l’avaient si bien fait Hautiere, Vatine et Cassegrain dans Les Clous rouges.

    C’est devenu une bonne habitude de cette collection, l’album est agrémenté d’un cahier bonus de 12 pages réservé à la première édition. En plus de la postface de Louinet, on peut y savourer une série « dessins-hommage » rendus au plus célèbre des barbares par Belen Ortega (le plus réussi à mes yeux), José Homs, Mateo Guerrero, Miki Montllo, Mirka Andolfo et Serge Pellé. La collection s’enrichira en mars d’un nouvel album : Les Mangeurs d’hommes de Zamboula. Une tâche confiée a Gess qui devra lui aussi se montrer à la hauteur du barbare par Crom !

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