Saga, toujours aussi haut en couleur

    Saga, tome 8, Brian K.Vaughan (scénario), Fiona Staples (dessin). Editions Urban comics, 152 pages, 15,50 euros.

    Ayant quitté la comète Phang dans la douleur de la perte d’une vieille connaissance (le fantôme Izabel) et de nouveaux amis, Hazel et sa famille ont échoué sur une nouvelle planète isolée, Accueillante. Celle-ci est surtout réputée pour sa cité d’Avorteville – au nom cette fois bien choisi – où viennent avorter les couples dans la détresse. Alana et Marko, ne pouvant se montrer ensemble, surtout dans un territoire sous l’influence de la planète Couronne, le “peuple ailé”, c’est le Prince Robot qui va jouer le mari d’Alana, dont le foetus mort-né continue néanmoins de faire ressentir sa présence de façon spectaculaire et spectrale. Mais même dans ces confins de l’espace aux faux airs de far west, la juridiction sur la période possible d’avortement est en vigueur. Hors délais, Alana se voit contrainte d’aller dans les “terres perdues” où des “monstres” opèrent illégalement les femmes hors-délais d’IVG. Pour y parvenir, la petite famille aura encore à traverser bien des périls. Périchor, la transgenre manquera également d’y passer, avant de nouer une nouvelle relation avec le Prince Robot.

    A l’image du joli dessin de couverture choisi par les éditions Urban comics (Alana en cow boy sur un zèbre multicolore) et après un épisode surtout émouvant, Saga renoue avec ce qui faisait son charme et sa réussite au départ : les situations baroques et une faune tout aussi surprenante sorties de l’esprit très imaginatif de Brian K.Vaughan.
    Si la série ronronnait un petit peu depuis quelques épisodes – tout en conservant un rythme et un intérêt d’un très bon niveau – elle se relance bien ici.

    L’ambiance, déjà, dépayse avec son ambiance western totalement décalée. Il en va de même avec les créatures – centaure, doctoresse lupine, palombre invisible, projection spectrale d’un foetus donc et même des “crotteux” – “microbes dans la terre qui animent les excréments et en font des approximations dégueu de ceux qui les ont chiés”. Tout un programme, joliment concrétisé par le dessin toujours aussi souple et clair de Fiona Staples.

    L’intrigue parallèle et secondaire permet aussi de retrouver le chasseur de primes Le Testament en fort mauvaise posture tout en revisitant certains épisodes passés. Enfin, c’est avec plaisir que l’on retrouve la grande famille enfin réunifiée à la fin du 48e épisode, qui conclut ce tome 8 enrichi de la reproduction d’un joli ex-libris.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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