Shadows house, entre ombre et lumière 

    Shadows house (série en cours), So-ma-to (scénario et dessin). Editions Glénat, 160 pages, 7,60 euros. 

    Emilico est une poupée vivante au service de Kate, une jeune fille appartenant aux Shadows, une famille d’ombres sans visage. Dans le vaste manoir familial au style anglo-saxon, le travail d’Emilico, qui vient à peine de « naître », se limite pour le moment à nettoyer la suie projetée par sa noble maîtresse… Une étrange matière noire qui se multiplie au rythme de ses émotions négatives comme la colère ou l’embarras.

    Au fil de ses rencontres dans l’immense bâtisse, la pétillante et naïve Emilico découvre un monde régi par ses propres codes et ses secrets. La poupée commence surtout à s’interroger sur le sens de son existence. Qui est-elle vraiment ? D’où vient-elle ? Malgré la froideur de Kate, qui alterne entre marques de tendresse et accès de colère, Emilico finit par se rapprocher de sa maîtresse…

    Conçu par Nori au scénario et Hisshi au dessin (tous les deux forment So-ma-to), Shadows house est un manga atypique. De par son scénario intriguant et mystérieux qui renvoie à The promised neverland édité chez Kazé mais aussi de par son atmosphère so british, voire gothique, tout droit sortie de l’époque victorienne. La série est d’ailleurs servie par de magnifiques décors imaginés par Hisshi. Les salons, les meubles ou encore les vêtements sont très réussis.  Comme dans beaucoup de shonen, la bande dessinée est  entrecoupées d’éclairantes et divertissantes descriptions d’uniformes d’époque.

    La force du manga réside néanmoins sur les personnages principaux et leur caractère. Emilico évidemment dont on suit les pérégrinations à travers le manoir et surtout sa maîtresse Kate dépourvue de visage. Ce qui n’empêche pas d’y déceler une foultitude d’émotions, un peu comme l’a réalisé l’auteur amiénois Noredine Allam dans Dialogue même si la comparaison s’arrête là.

    En plus de réussir le pari (osé) de donner de l’humanité à des ombres sans visage, Shadows house nous interroge sur le miroir ou le reflet de l’âme à travers la relation qu’entretiennent les deux protagonistes. Kate représentant l’esprit intérieur, Emilico plutôt la personnalité que l’on montre aux autres. On devine aussi qu’il faudra s’armer de patience afin de percer tous les mystères et les énigmes qui entourent la famille Shadows et cette étrange société dans laquelle elle évolue.

    Le quotidien d’Emilico s’obscurcit malgré les rencontres rafraîchissantes qu’elle fait avec d’autres poupées. On a déjà hâte de savoir si sa personnalité, lumineuse et enjouée, l’emportera sur Kate et ses idées noires dans les prochains tomes.

     

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