Silver Wolf, une vorace mise en bouche

    Silver Wolf – Blood, Bone, tome 1, Tatsukazu Konda (scenario), Shimeji Yukiyama (dessin). Editions Kurokawa, 208 pages, 7,65 euros.
    A 70 ans, Hans Vahpet, alias Silver Wolf, coule une retraite paisible aux côtés de la jeune Danpir Cocowill qui lui tient compagnie et avec qui il joue aux échecs. L’ex-chasseur de vampires, légende vivante de la ville de San Sarod, pensait avoir rangé définitivement son marteau de guerre, « Warhammer », lorsqu’il reçoit un courrier de la police.
    Le vétéran est appelé  à la rescousse par son vieil ami, le commissaire Elron Down, après une série de meurtres horribles dans la ville portuaire de 28 500 âmes. Les victimes, hommes et femmes, ont littéralement été désossées par un mystérieux serial-killer qui ne laisse sur son passage que des flots de sang et des monceaux de chairs. Un homme aux allures de playboy qui se fait appeler le « masticateur », aussi facétieux et joueur que sadique.
    Après l’éradication des vampires il y a plusieurs dizaines d’années, les enquêteurs n’ont aucune piste et piétinent. Sans pitié pour la vie humaine, le masticateur est à la tête de nouveaux monstres qui agissent aussi bien de jour que de nuit. Devenus les terreurs de la ville, ces « désosseurs » ne craignent visiblement personne après un nouveau carnage, cette fois au sein même du commissariat central. Parmi les victimes, le commissaire Down que le vieux loup ne parviendra pas à sauver après un combat perdu déséquilibré face au « masticateur » qui l’épargne en lui laissant une étrange blessure en guise de souvenir…
    Aidé de Danpir Cocowill, une demi-vampire amoureuse de lui, et de l’inspectrice novice, Ana Bright, Silver Wolf jure de venger la mort de son ami et de protéger les habitants de San Sarod. Pour ce qui sera sa dernière mission. Sauf que le masticateur au  sourire pepsodent et carnassier a plus d’un tour dans son sac. Comme le docteur Frankenstein, il semble être capable de ramener les morts à la vie. Les membres décédés des « Silver Wolves », l’ancienne équipe de chasseurs de vampires dirigée par le vieux soldat, refont surface mais pas dans le bon camp. Tout comme Izabella Vahpet, la femme de Silver Wolf morte il y a plusieurs années…
    Belle surprise que ce Silver Wolf au scénario bien bâti et au rythme endiablé.
    Imaginée par Tatsukazu Konda, qui signe ici seulement sa deuxième série après Inoryoku Battle Royale, l’intrigue est particulièrement accrocheuse, mélangeant fantastique, fantasy et thriller, le tout saupoudré d’une pincée d’humour gentillet  dont sont friands les Japonais.
    Les personnages principaux ont du charisme à l’image d’Hans Vahpet qui rappelle forcément Abraham Van Helsing, le héros de fiction créé par Sam Stoker dans le roman Dracula. La ville imaginaire de San Sarod, avec ses ruelles pavées et peu éclairées, renvoient au Londres du 19e siècle. Comme la capitale anglaise, elle compte d’ailleurs aussi une grande tour.
    L’atmosphère inquiétante et parfois étouffante sert bien le récit horrifique. Un récit qui surprend au fil des pages avec l’apparition de nouveaux personnages intriguants et qui se transforme parfois en jeu de pistes, le méchant de l’histoire ayant visiblement un plan. Le suspense est au rendez-vous et on a déjà hâte de lire le prochain tome prévue en avril.
    Côté graphique, le manga est une réussite. Encore plus novice que Konda, Shimeji Yukiyama n’avait pourtant jamais dessiné de manga avant cette série. Autant dire que le premier essai est transformé pour le jeune mangaka découvert lors d’une compétition de dessin comme il y en a tant au pays du Soleil Levant. Les décors sont soignés et détaillés. On apprécie aussi les variations des ombres et des lumières qui  rendent le manga si singulier.
    Les personnages ne sont pas stéréotypés et chacun d’entre eux est reconnaissable au premier regard, ce qui n’est pas le cas de tous les mangas. Pour ceux et celles qui ont vu le magnifique Voyage de Chihiro, les monstres-masticateurs ont l’apparence de Bandai-gaeru ce personnage qui dévore tout sur son passage. Mais en beaucoup plus cruels et sanguinaires. Autant de raisons de se mettre ce manga sous la dent.
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