TER, tome 2 (sur 3): le guide, Rodolphe (scénario), Christophe Dubois (dessin). Editions Daniel Maghen, 80 pages, 16 euros.

    Difficile, après le stupéfiant cliffhanger qui achevait le tome 1 de faire plus fort ou d’aller plus loin. Ce deuxième tome, intermédiaire dans la trilogie, surprend donc moins. Mais il sert bien d’album de “transition”, tandis que des réponses commencent à être apportées aux mystères qui nimbaient le premier épisode.

    De retour de leur expédition qui a commencé à leur déciller les yeux, Mandor et ses amis retrouvent le village en plein chaos, totalement effondré. Une fois encore, c’est “l’étranger” qui est pris pour cible et manque de se faire lyncher. Mais la terre tremble de nouveau, plus fort encore, semblant concrétiser la vieille prophétie assurant “qu’en ces temps futurs, le sol grondera et rien ne restera de nos villes et de nos campagnes, de nos rivières et de nos champs“. Et les villageois en viennent à se rallier aux visions de Mandor, qui se font plus précises. Investi aussi de ce rôle par les prêtres, il devient le “guide”, seul à pouvoir sauver la population d’un mort certaine. Pour cela, il faudra cette fois s’enfoncer dans les entrailles de TER. Au risque d’être confronté à d’autres dangers, à d’autres questions.

    L’univers de la trilogie se structure. Se rationnalise. Et change un peu d’orientation et totalement de perspective. Tandis que l’on découvre ce qu’est véritablement cette “TER / Jupiter”, l’ambiance bascule de l’héroïc-fantasy médiévale des débuts vers une SF plus classique (mais qui compte encore son lot de surprises). Le thème du fanatisme religieux, qui occupait assez largement le tome précédent passe au second plan, derrière un récit plus linéaire et tourné vers l’aventure, même si celle-ci se fait également plus sombre et tragique.

    Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la qualité du travail de Christophe Dubois. Toujours aussi minutieux et détaillé. Les visages conservent une étrange beauté, les paysages apparaissent immenses, les édifices vertigineux. Dans ce deuxième tome, le bestiaire s’enrichit encore de créatures inédites et de nouveaux décors induits par la nouvelle dimension prise par l’histoire.
    Un travail graphique mis en valeur, cette fois, par un cahier de dessins et d’esquisses, dans l’esprit des ouvrages du galeriste-éditeur Daniel Maghen.

    Enfin, sans provoquer autant d’étonnement, la dernière case de ce tome 2 incite en tout cas à poursuivre le voyage.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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