TER, tome 1: l’étranger, Rodolphe (scénario), Christophe Dubois (dessin). Editions Daniel Maghen, 80 pages, 16 euros.

    L’étranger, c’est cet homme, nu, amnésique, ne sachant ni lire, ni parler que Pip, jeune homme du village de Bas-Courtil découvre une nuit lors de ses activités de pilleur de tombes. Il le ramène dans son bourg primitif, planté sur une planète inconnue ou dans un futur éloigné. Avec une population qui, dans tous les cas, semble avoir oublié tout des vestiges de notre époque qui traînent dans les coins et que, mystérieusement, l’étranger semble pouvoir réparer. Sa renommée s’étend et arrive jusqu’aux prêtres de Haut-Courtil, gardiens des Ecritures qui voient en lui, avec inquiétude, le prophète évoqué dans leur livre saint : “Alors sortira un homme des entrailles de TER, qui montrera à tous le chemin à accomplir… Il n’aura ni biens, ni vêtements, et son seul langage sera celui du silence...”

    En attendant, Mandor (puisque tel est son nom, donné par Pip à cause d’un tatouage sur le bras de l’étrange visiteur “Main dort”) se familiarise avec le village, fraternise (et même plus) avec la jolie soeur de Pip. Et sa décision d’aller jusqu’au bout du monde, de ce monde de TER pourrait bouleverser encore plus la situation…

    Un étrange étranger, une prophétie et une quête, un univers a priori post-apocalyptique d’une humanité retournée à une civilisation plus primitive.
    TER se joue de ces codes classiques de l’héroïc-fantasy et de la SF, tout sauf originaux. Le lecteur est habilement amené à découvrir la réalité de ce monde en même temps que son héros amnésique. Et ce jusqu’à une dernière planche où, pour une fois l’oeil prend de la hauteur et saisit une toute autre réalité, vertigineuse remise en perspective qui en fait un cliffhanger fort réussi pour attendre le tome 2 de cette trilogie.
    En plus des personnages attachants et troublants, l’attrait pour ce récit tient aussi au beau traitement graphique qu’en fait Christophe Dubois, avec un trait réaliste fin et subtil, un soin apporté aux détails et aux évocations architecturales, une colorisation soignée qui participent à créer un univers cohérent et envoûtant. Et l’on ne reviendra pas sur la fascinante dernière image de l’album à l’impressionnante puissance évocatrice.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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