The Promised Neverland et ses enfants prometteurs

    The Promised Neverland, tome 1, Kaiu Shirai (scénario), Posuka Demizu (dessin). Editions Kazé, 192 pages, 6,79 euros.

    Grace Field House. Niché dans un magnifique écrin de verdure, cet orphelinat accueille une trentaine d’enfants, attendant chacun leur tour de rejoindre une nouvelle famille. Amour et joie semblent régner dans cette grande maison du bonheur dirigée par Isabella que tous ici appellent affectueusement « Maman » tant elle prend soin d’eux avec tendresse et douceur.
    Parmi ces enfants, on trouve l’agile et enjouée Emma, le surdoué Norman et le perspicace Ray, âgés de 11 ans. Trois as, chacun dans leur domaine respectif, qui n’hésitent pas à s’occuper des plus jeunes. Tout irait mieux dans le meilleur des mondes si cette belle image d’Epinal ne tardait pas à s’écorner après l’adoption de Conny… Belle comme un cœur, la fillette de six ans dont le rêve est de devenir une bonne mère comme « Maman », quitte l’orphelinat un matin, le cœur léger, pour une nouvelle vie. Sauf qu’elle oublie d’emmener sa peluche préférée, Little Bernie. Emma et Norman se mettent en tête de la lui rapporter en se rendant au portail qu’ils ont pourtant interdiction d’approcher. En arrivant sur les lieux, les deux amis font une macabre découverte à l’arrière d’un camion. Conny baigne dans son propre sang, transpercée par ce qui ressemble à une plante.

    Un premier choc puis un deuxième lorsque, cachés sous le véhicule, ils aperçoivent deux créatures aux dents et griffes acérés qu’ils identifient comme des « démons ». Totalement ébranlés, Emma et Norman le sont en peu à nouveau en entendant « Maman » se plier aux directives de ces monstres. Emma et Norman parviennent à une terrible conclusion, à savoir que l’orphelinat n’est pas ce qu’il prétend être, mais en réalité un élevage dont le bétail est constitué des enfants !
    Les questions s’entrechoquent dans les cerveaux de Norman, d’Emma puis de Ray très vite mis au courant. Pourquoi les orphelins doivent-ils passer, chaque jour, un test pour mesurer leurs capacités intellectuelles ? Quelle est la signification de cet étrange numéro tatoué sur leur cou ? Pourquoi personne n’a vu le monde extérieur ? Avec la mort de Conny, c’est un long et dangereux puzzle à résoudre qui débute pour nos trois jeunes héros âgés de 11 ans. Echafaudant un plan, ils désirent s’échapper de cet endroit de mort mais on ne trompe pas si facilement « Maman »…

    Claustrophobes, passez votre chemin ! Conçu comme un huis-clos oppressant et haletant, The Promised Neverland est effectivement une belle promesse. C’est en tout cas ce qui ressort de ce premier tome extrêmement rythmé. Une série qui devrait assurément trouver le succès, comme au Japon où les sept premiers volumes (elle devrait en compter 16 ou 17) se sont vendus à plus de trois millions d’exemplaires. La maison d’édition Kazé ne s’y est d’ailleurs pas trompée en créant un joli et réussi mini-site.

    Lancée en 2016 dans le magazine Weekly Shonen Jump, le manga a obtenu l’an dernier le titre du meilleur shonen lors du célèbre Prix du manga Shogakukan. On avait pourtant des craintes en lisant des premières pages pleines de bons et… niais sentiments. Un côté « cucul la praline » heureusement vite évacué. Dès la fin du premier chapitre, l’atmosphère se tend, se noircit. Un tsunami semble approcher au loin et on craint très vite pour la vie des enfants de Grace Field House.

    Plein de suspense, le récit imaginé par Kaiu Shirai (Ashry gate no yukue et Popy no negai) va de rebondissement en rebondissement. Le manga renvoie par moments au conte du Petit Poucet de Charles Perrault dans lequel le jeune héros doit, pour sauver ses frères, user d’un stratagème afin de tromper l’ogre. C’est la même logique ici. Pour s’en sortir et déjouer les nombreux pièges tendus par « Maman », nos orphelins ne peuvent compter que sur leur sens de l’observation et leur esprit stratège. Coincés dans une toile d’araignée, les personnages principaux devront visiblement se débattre pour s’en extirper.

    Côté graphique, les dessins de la mangaka Posuka Demizu sont très beaux, mélangeant poésie et effroi avec une mention spéciale pour les expressions des personnages qui provoquent un bel effet immergeant. Les ressorts psychologiques fonctionnent à merveille et on ne peut que se demander si nos héros parviendront à s’évader de leur cage dorée. Un manga qui vaut donc vraiment le coup, promis.

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