Tolkien, à la guerre comme naguère

     Tolkien, Eclairer les ténèbres, Willy Duraffourg (scénario), Giancarlo Caracuzzo (dessin), Flavia Caracuzzo (couleurs). Editions Soleil, 80 pages, 17,95 euros.

    Tolkien est bien ressorti des ténèbres en cet automne, en lien notamment avec ce Voyage en Terre du milieu, grande exposition proposée par la bibliothèque nationale de France jusqu’en début d’année prochaine. Et ce n’est sans doute pas une pure coïncidence que paraisse simultanément cette biographie dessinée de J.R.R.Tolkien. Celle-ci s’attache plus particulièrement à la jeunesse de l’auteur, avant que celui-ci ne devienne le “vieux professeur d’Oxord” la pipe à la bouche. Et ce depuis sa plus tendre enfance sud-africaine, puis son retour dramatique en Angleterre – son père resté dans l’Etat d’Orange décède d’une crise cardiaque peu après – entre les plaisirs de la campagne de Sarehole, au sud de Birmingham, puis une plus dure expérience urbaine à Birmingham. C’est là pourtant qu’il se fera des amis fidèles, avec qui il créera le Tea Club Barrovian Society (TCBS). C’est aussi en lien avec eux qu’il partira, lui aussi, à la guerre. Non sans avoir auparavant épousé sa chère Edith et commencer à se passionner pour les langues, en commençant par déchiffrer le Gallois.
    La guerre ne sera, chronologiquement, qu’un moment assez court pour Tolkien, mais un épisode marquant puisqu’il y perdra plusieurs de ses amis du TCBS et que c’est dans ce traumatisme qu’il puisera de quoi nourrir ses chefs d’oeuvre de fantasy, Bilbo le Hobbit puis le Seigneur des Anneaux.

    L’impact de la bataille de la Somme a récemment été évoqué déjà par l’album J.R.R. Tolkien et la bataille de la Somme des deux picards Emmanuel Beaudry et Corentin Lecorsier. Ce nouvel album sur Tolkien éclaire, de fait, plus encore la vie du grand auteur britannique, de façon plus précise et détaillée… mais aussi passablement moins enlevée. On suit donc, de façon chronologique et très scolaire l’évolution de Tolkien quasiment pas à pas depuis sa prime enfance jusqu’au sortir de la guerre, puis aux années 30 et jusqu’à une projection finale au début des années 1970. Le tout enrichi de nombreuses notations ou passages de ses oeuvres. Un travail de synthèse assez impressionnant et une vraie “somme” donc, mais sans réel apport d’un regard graphique par rapport à une biographie écrite.

    Car si le dessin de couverture de Jean-Sébastien Rossbach est réussi et incitatif, le style de Giancarlo Caracuzzo est nettement plus basique. Avec un découpage en petites cases et un trait rigide qui rappelle les bonnes vieilles histoires de l’Oncle Paul ou de l’Histoire de France en bande dessinée des années 1970.

    A réserver donc aux fans indéfectibles de Tolkien. Ou à ceux qui, intéressés par la jeunesse de l’auteur, s’accrocheront au récit relativement plat et passablement longuet. Pour ce qui est de l’émotion et du choc visuel, on lui préférera J.R.R. Tolkien et la bataille de la Somme, nettement plus évocateur et original.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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