On peut sauver le soldat Franklin !

    Les Tuniques bleues, tome 61: l’étrange soldat Franklin, Raoul Cauvin (scénario), Willy Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

    Les albums des Tuniques bleues semblent désormais s’aligner, ces derniers temps, aux péripéties de cette interminable Guerre de sécession (qui dure dans la série depuis cinquante ans désormais !). Avec ses avancées et ses reculs. Ainsi, après un épisode “souvenir” (à tous sens du terme) décevant, l’an passé, ce tome 61 a nettement plus de tonus et redonne de la vigueur aux aventures du plus célèbre duo des troupes de l’Union.

    L’album confronte cette fois notre duo à un “étrange” personnage. Au départ, tout paraît pourtant simple lorsque le sergent Chesterfield et le caporal Blutch sauvent un esclave noir pourchassé par des confédérés. Mais celui-ci s’avère vite n’être ni esclave… ni noir. Franklin Thompson, ainsi qu’il se présente, aurait été missionné pour infiltrer les troupes ennemies au profit du général McClellan, qui confirme la chose et demande à ce qu’on veille bien sur son espion. La tâche en est confiée à Blutch et Chesterfield. Et elle se complique lorsque Franklin, qui avait déjà refusé de se faire soigner malgré sa blessure, disparaît…

    Toujours basée sur une anecdote historique véridique, cette nouvelle aventure démontre, une fois encore, la richesse des anecdotes et des récits que Raoul Cauvin a su exhumer sur cette Guerre de sécession qui, hormis pour quelques spécialistes (dont l’auteur de BD belge), apparaît quand même secondaire à l’égard d’autres conflits ayant impliqué les Etats-Unis. La personnalité de Franklin est habilement amenée, distillant des indices progressivement jusqu’à la révélation finale. Et l’histoire retrouve une vraie densité, rythmée par les éternelles chamailleries entre nos deux héros, qui font tout le charme de la série.

    Côté dessin, Willy Lambil est égal à lui-même, avec son trait vif et sa description très vivante des conditions de vie des soldats de l’époque. Pour les vrais fans (et/ou ceux qui en ont les moyens), une “Édition spéciale” de l’album paraîtra début décembre. En tirage unique de 2 500 exemplaires, avec dos toilé et en grand format (250 x 360mm), cette édition limitée, en noir et blanc s’enrichira de crayonnés placés en vis-à-vis des planches, permettant justement d’apprécier l’efficacité et le dynamisme du trait de Willy Lambil.

    De quoi donc, effectivement, inciter à confier de nouvelles missions au duo du 7e de Cavalerie !

    A noter, en parlant de chevaux, que la sortie de ce 61e album va s’accompagner d’une exposition de planches originales au Musée du Cheval, à Chantilly. A priori surprenant, ce choix n’est pourtant pas si étonnant, compte tenu de la place prise par les équidés dans les Tuniques bleues et la dextérité avec laquelle Lambil les dessine. A voir aux Grandes Ecuries de Chantilly du 15 novembre au 7 janvier prochains.
    On reviendra prochainement plus en détail sur cet événement-là.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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